17.10.2007
In ADN veritas
Aux nombreuses voies qui s’élèvent contre les tests ADN préalables au regroupement familial est venue s’ajouter hier celle d’Isabelle Adjani dans Libération. Si sa contribution ne risque pas de faire avancer le débat, elle se termine de manière étonnante : « Je veux espérer que notre président de la République ne laissera jamais pareille chose se produire, et comme lui, je veux croire qu’ensemble tout devient vraiment possible. »
Un truc majeur a dû m’échapper. Je ne vois rien, rien, rien qui permette de croire que « notre président de la République ne laissera jamais pareille chose se produire ». J’avais même tout l’impression que cette idée, c’était un peu la sienne. Isabelle Adjani convoite-t-elle la place encore chaude de Cecilia pour accorder aussi gratuitement un tel crédit à notre président ? « ensemble tout devient vraiment possible », ben oui, aujourd’hui plus que jamais. Au fait, l’écriture de la divine Isabelle n’est-elle pas celle de cette lettre que portait le président ? (voir http://patricia-m.hautetfort.com/archive/2007/09/28/le-po... ) Ca fait longtemps qu’on ne la voit plus mais elle ferait probablement encore une première dame très potable.
Et pour ajouter ma voix au brouhaha que provoque cette histoire d’ADN, c’est évidemment très discriminatoire vis-à-vis des homosexuels. Non seulement en termes de conséquences directes, un couple de femmes avec enfant qui souffrirait de persécutions dans son pays ne pourrait pas venir s’établir en France. Mais aussi plus indirectement, ce projet de loi ferme encore un peu plus la porte à la reconnaissance d’autres formes de parenté que biologique et constitue à ce titre un clou de plus dans le cercueil des droits des homoparents.17:33 Publié dans Poil à gratter | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : lesbian-touch, Lesbian
25.09.2007
Improbable Iran
«En Iran, nous n'avons pas d'homosexuels comme dans votre pays, a déclaré Ahmadinejad à l’Université de Columbia ce lundi. Nous n'avons pas ce phénomène, je ne sais pas qui vous a dit que cela existait chez nous.»
Juste une petite remarque de vocabulaire, les « Considérations à propos des projets de reconnaissance juridique des unions entre personnes homosexuelles » de Benoît XVI nous qualifiaient dès la première mention de « problèmes ». Ahmadinejad ne parle que de « phénomène ». Pourtant, à y regarder de plus près, il vaut probablement mieux vivre au Vatican qu’en Iran.
Prenons comme hypothèse un niveau naturel moyen de 1% d’homosexuels dans la population, la chance qu’un pays de 70 millions d’habitants ne compte pas d’homosexuel et de l’ordre de 10 exposant -306000. Soit 0, suivi de 305999 zéros et puis 1. Excel considère égal à 0 dès qu’on approche des 10 exposant -350. Que Microsoft, aussi américain qu’on sait, préfère considérer que l’Iran n’existe pas n’est pas une preuve. Mais les maths sont ce qu’elles sont, l’Iran d’Ahmadinejad est infiniment moins probable que vous et votre gardienne gagniez le gros lot à l’Euromillion la semaine prochaine sans vous concerter (bon, faut jouer, hein ! Sinon l’Iran est plus probable qu’un immeuble multi-multi-millionnaire).
Sans faire preuve de mauvaise foi, on peut donc chercher une explication à cette exception statistique. Première explication qui me vient à l’esprit, il a modifié génétiquement les iraniens pour supprimer leurs tendances homosexuelles. Etonnant, l’avance qu’un pays qui n’arrive pas à faire une bombette crédible aurait prise dans le domaine du génie génétique.
Autre explication plus probable, Ahmadinejad a procédé à un nettoyage consciencieux. Combien a-t-il dû en faire pendre pour pouvoir être aussi affirmatif ? Difficile à dire si on tient compte des complexités de recensement décrites par Happy http://lecritquigratte.hautetfort.com/archive/2007/06/ind... . Ahmadinejad a dû ratisser assez large pour être aussi confiant qu’il n’en reste pas dans les coins. Sait-il seulement qu’il y a encore des juifs en Allemagne ?
Le roumain Gigi Bekali devrait peut-être s’inspirer de l’iranien. Avec sa proposition de « créer des quartiers pour les homosexuels et les lesbiennes, pour qu'ils y restent et nous laissent tranquilles», le chef du Parti de la Nouvelle Génération (!!!) plafonne à 15% des intentions de vote. Alors qu’Ahmadinejad, lui, il est président.15:10 Publié dans Poil à gratter | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : lesbian-touch, Lesbian
06.09.2007
Starkomania
Pas un jour ne passe sans que Sarkozy n’arrive à m’estomaquer, m’irriter, m’agacer, m’énerver, m’indigner, m’inquiéter, m'exaspérer. Sur tous les fronts, il s’applique à entretenir mon ébullition intérieure : justice, fiscalité, enseignement, institutions, politique étrangère… Chacun de ses mouvements me rappelle notre douleur. Et nul ne niera que du mouvement, il y en a. Ce type, dans son genre, c’est un sacré athlète. Du genre coureur qui ferait un marathon haies à la vitesse d’un coureur de 100 mètres. Je suis au bord de la nausée.
Evidemment, toute cette agitation ne manque pas de provoquer un bouillonnement anarchique dans le camp des anti-Sarko. Sensible à leurs arguments, que je trouve régulièrement justes et puissants, je me demandai pourquoi il ne contrôlait pas cette frénésie qui l’expose à toutes les critiques. Pourquoi s’acharner à fournir des munitions à ses ennemis ?
Jusqu’à ce que je tombe sur ce passage de Deleuze cité dans l’édito du programme du théâtre du Granit à Belfort : «La bêtise n'est jamais muette, ni aveugle. Si bien que le problème n'est plus de faire que les gens s'expriment, mais de leur ménager des vacuoles de solitude et de silence à partir desquelles ils auraient enfin quelque chose à dire. Les forces de répression n'empêchent pas les gens de s'exprimer, elles les forcent au contraire à s'exprimer. Douceur de n'avoir rien à dire, droit de n'avoir rien à dire, puisque c'est la condition pour que se forme quelque chose de rare ou de raréfié qui mériterait un peu d'être dit.» Et ça, Sarko l’a très bien compris. En étant partout tout le temps, en occupant jusque la quatrième dimension, il tue dans l’œuf tout risque de contestation solide.
Pour résister, commencer par résister à la tentation d’aller s’épuiser dans l’échauffourée qu’il alimente constamment. Se retirer, le piquer juste ce qu’il faut pour le maintenir en activité mais consacrer l’essentiel de son énergie à fourbir ses armes pour pouvoir livrer une bataille décisive le moment venu. L’art de la guerre, façon Deleuze.
Est-ce parce qu’il tape si juste que cet édito a reçu l’honneur d’une réprimande par la ministre de la culture en personne ?
15:45 Publié dans Poil à gratter | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : lesbian-touch, Lesbian
30.08.2007
Avec Le Pen pour dire: "Halte là!"
Voyez un peu: la dotation de son parti va se voir significativement réduite suite à son mauvais score. Les difficultés financières de son parti sont telles que les candidats aux municipales devront financer leur campagne de leurs propres deniers. Ca vous dit quand même combien les gars qui iront de leurs propres deniers sont motivés.
Et en même temps, devinez quoi ?!? « L'Ecole supérieure de culture sociale et médiatique, créée en 2001 à Torun (Pologne) par le Père Tadeusz Rydzyk, directeur de la station catholique intégriste Radio Maryja, recevra 15,3 millions d'euros de fonds structurels européens pour son projet d'agrandissement. » (1) C’est pas dégueulasse, ça ? Les sous du contribuable français qui vont servir à supporter les intérêts des nationalistes polonais. Du bon argent, pris des impôts des français, qui aurait pu servir à défendre au mieux les intérêts de ce pays contre tous les polaks et les bougnouls qui ne veulent que nous voler notre travail et nous convertir de force à l’Islam. Si Le Pen criait « halte là ! », je dirais qu’il a raison.
Il a raison parce que ce que l’UE va financer, c’est une machine de guerre au service d’extrémistes catholiques. C’est le développement d’un empire des médias qui prêche déjà de manière consistante l’antisémitisme, le racisme, l’homophobie. Tout ça noyé dans une épaisse sauce religieuse. Les européens auraient donc discuté des pages et des pages pour voir si on devait ou non faire référence à notre héritage chrétien dans une constitution qui s’est fait abattre en plein vol pour ensuite offrir en douce un martinet aux extrémistes les plus agressifs ? On dirait bien que c’est ça.
Comble du cynisme : « Bruxelles affirme quant à elle ne pas avoir encore entériné la liste des 350 projets sélectionnés. "Le financement européen prévu pour le projet du Père Rydzyk est inférieur à 25 millions d'euros, il n'a donc pas à être entériné par la Commission européenne", rétorque Stanislaw Krakowski, porte-parole du ministère du développement régional. » (1) Aboulez la monnaie et ne vous mêlez pas de ce qui ne vous regarde pas.
Et si JMLP joue à la victime, il n’aura pas tout à fait tord. Pourquoi un polonais qui défend les mêmes idées que lui reçoit des subsides alors que lui, on les lui coupe (mais non, pas ça!) ? Pourquoi, doit-il toujours se réfréner de dire ce qu’il pense, paraître fréquentable alors que l’autre peut juste se montrer tel qu’il est ?
(1) Le Monde, 29-08-2007
13:21 Publié dans Poil à gratter | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : lesbian-touch, Lesbian
03.08.2007
L'énorme ego du tout petit Nicolas
Voilà, ça commence à percer.
La libération des infirmières bulgares, ce n’était pas que le charme de Cecilia. Il fallait que le petit Nicolas soit bien aveuglé par l’amour pour croire qu’on allait gober un truc pareil, même si Kadhafi a été assez sympa pour se prêter à la mascarade.
Peut-être, d’ailleurs, ne s’est-il prêté à la mascarade que parce qu’il a monnayé des compensations en plus. « OK, tu me files des missiles antichar Milan et je libère les infirmières. Et pour un système radio Tetra en plus, je fais de ta femme une star de la diplomatie. »
Mais le petit Nicolas, tout président qu’il est, il n’a quand même pas été très malin. Pourquoi n’a-t-il pas plutôt négocié une photo de Kadhafi dans la nouvelle campagne Vuitton ? Imaginez, le colonel montant dans l’avion de la compagnie bulgare un sac Vuitton à la main. Ca le fait, non ? Et Bernard, l’ami du petit Nicolas, il lui aurait quand même pas refusé ça, si ? Sinon à quoi ça sert, les amis ? Surtout qu’on sait qu’il le lui rendra au centuple et sans compter, puisque c’est nous qui paierons.
Quand à Kadhafi, se retrouver dans la même campagne que Mikhaïl Gorbatchev devant le mur de Berlin, ça aurait dû satisfaire son ego, non ? Sans compter qu’il y a aussi Catherine Deneuve. Ca en jette, quand même.
Ce marché aurait été équitable, les deux côtés s’offrant mutuellement un peu de propagande. Mais là, c’est je te donne des armes et tu participes à ma comédie. On a un peu l’impression que l’ego surdimensionné du petit Nicolas va offrir de sacrés opportunités à ceux qui sauront en jouer.
16:20 Publié dans Poil à gratter | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : lesbian;lesbian-touch
03.07.2007
Bientôt sur nos écrans : Le grand pardon et Le mépris
Sarko, on ne l’a pas voulu mais on l’a. Alors autant se préparer autant que possible aux temps matinaux et justes qui nous attendent.
Pour ce qui est du matin, rien à faire, c’est une violence contre mon rythme biologique. Rien que l’idée de me lever tôt le matin aurait été une raison suffisante de voter Ségo.
En ce qui concerne la justice, rien de tel que de regarder outre-Atlantique pour se préparer. Ils restent des précurseurs et partagent toujours le meilleur de leurs trouvailles. Sans compter que l’Agité ne cache pas son penchant pour les anglo-saxons.
Hier, Georges Bush a annulé la peine de prison qui avait été prononcée la veille contre Lewis Libby, un membre important du staff de Dick Cheney et qui a servi le Président auparavant. Un ami proche de Dick Cheney aussi.
Ledit Libby est coupable d’avoir dévoilé à une journaliste que la femme du diplomate Wilson faisait partie de la CIA. Ce diplomate avait dénoncé les manipulations de la Maison Blanche sur le dossier des armes en Irak. La révélation du statut d’agents de la CIAconstitue un délit aux Etats-Unis.
Lewis a ensuite tenté de faire obstruction à la justice avant d’être condamné autant pour son obstruction que pour son délit initial. Hier, le juge a refusé de le libérer sous caution jusqu’à l’appel qu’il a introduit. C’est là que G. Bush a décidé de commuer sa peine de prison la jugeant « excessive ». Contre l’avis de 72% des américains.
Dans tout ce cinéma, seul le juge tire son épingle du jeu. Outre qu’il a résisté à des pressions et menaces diverses, il fait même preuve d’humour. La demande de libération sous caution était plaidée par douze (oui, 12) brillants juristes. Ci-dessous, les propos que cette débauche de moyens a inspiré au juge Walton : "It is an impressive show of public service when twelve prominent and distinguished current and former law professors are able to amass their collective wisdom in the course of only several days to provide their legal expertise to the court on behalf of a criminal defendant," écrit le juge. "The Court trusts that this is a reflection of these eminent academics' willingness in the future to step to the plate and provide like assistance in cases involving any of the numerous litigants, both in this Court and throughout the courts of this nation, who lack the financial means to fully and properly articulate the merits of their legal positions even in instances where failure to do so could result in monetary penalties, incarceration, or worse. The Court will certainly not hesitate to call for such assistance from these luminaries, as necessary in the interests of justice and equity, whenever similar questions arise in the cases that come before it.”
Chapeau bas, Monsieur le Juge ! Face à un président très interventionniste et qui ne cache pas ses amitiés avec des gens trop riches pour n’avoir rien à se reprocher, il nous reste à espérer qu’il se trouvera ici aussi quelque juge Walton. Qu’on garde au moins l’illusion qu’on n’est pas dupes.
14:00 Publié dans Poil à gratter | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : lesbian-touch, Lesbian
14.06.2007
Il y a meurtre et meurtre
Le Vatican a annoncé hier qu’il suspend son soutien à Amnesty International parce que cette organisation prône la dépénalisation de l’avortement que l’Eglise assimile à un meurtre. Si le montant est équivalent à celui qu’ils donnaient à l’Unicef (2000 euros par an), c’est bien moins dommageable pour les finances de l’ONG que pour son image de marque. Parce qu’ils ont appelé les catholiques à les imiter et que cela risque de poser question pour quelques donateurs.
Cela est d’autant plus regrettable que ce geste qui peut sembler avoir du sens pris isolement ne peut en avoir aucun si on scrute d’un peu plus près les soutiens de l’Eglise catholique aux acteurs du monde laïc. On se souvient qu'en pleine campagne pour sa réélection en 2004, le président Bush avait reçu un soutien de l'Eglise catholique américaine sur les thèmes de l'avortement et de l'euthanasie. Or, Bush a présidé à la condamnation à mort de plus de 150 personnes lorsqu’il était gouverneur du Texas.
Dans la métrique papale, tuer des criminels et quelques innocents dans la foulée, ça n’a donc pas de poids face à prévenir la naissance de bébés que leurs parents ne peuvent assumer ou maintenir en vie contre leur volonté la vie de personnes qui souffrent. Les études de l’économiste Steven D Levitt jettent un éclairage intéressant sur l’ironie de cette position. Il prétend que la baisse de la criminalité aux Etats-Unis est davantage une conséquence de l’autorisation de l’avortement en 1973 que de la politique intérieure. Parce que moins d’enfants non désirés, c’est aussi (mais pas dans la même mesure, qu’on ne me fasse pas dire ce que je ne dis pas !!!) moins de futurs criminels et moins de futurs condamnés à mort.
Par contre, une organisation qui combat l’injustice, défend les droits de l’homme, défend des personnes condamnées injustement et leur sauve parfois la vie se voit retirer le soutien catholique avec annonce publique. Alors qu’elle ne prône qu’une dépénalisation, pas une libéralisation de l’avortement. Les voies de Dieu restent impénétrables.
A moins que… bien qu’Amnesty ait annoncé son nouveau combat en avril, l’annonce de l’Eglise survient moins d’une semaine après que Bush ait fait une petite visite au Vatican. Et Amnesty milite aussi activement pour la fermeture de Guantanamo et l’abolition de la peine de mort et probablement d’autres dossiers encore qui embarrassent Mr le Président. De là à imaginer que Georges Bush ait touché un mot de ses contrariétés au pape et que celui-ci vienne à son secours en tentant de décrédibiliser Amnesty ?... Non ! Ce serait diabolique. Non ?
12:47 Publié dans Poil à gratter | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : lesbian-touch, Lesbian
08.06.2007
Folle comme un Pape
La Pologne craint que le sac à main de Tinky Winky n’incite ses enfants à se vautrer dans la fange de l’homosexualité. Moi je suis d’accord qu’il ne faille pas ménager ses efforts pour preserver les enfants innocents de séries aussi pernitieusement perverses que les Teletubbies. Mais alors, il faut essayer de rester un peu cohérent.
Et pendant ce temps là, devinez quoi? Ils envoient ces mêmes enfants à l’église où foisonnent soutanes, calottes et mosettes assorties.
Un gars en robe longue dans le Marais, ce serait de la dépravation. Un embouteillage de robes longues au Vatican , ce sont des hommes de Dieu.
Conclusion? Dieu ne crèche pas dans le Marais.
10:40 Publié dans Poil à gratter | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : lesbian-touch, lesbienne
09.03.2007
Tyrannie – libéralisme : mêmes armes. Même combat ?
« le tyran ne croit jamais sa puissance assurée s’il n’est pas parvenu au point de n’avoir pour sujets que des hommes sans valeur. » … « Cette ruse des tyrans d’abêtir leurs sujets… »
« Le théâtre, les jeux, les farces, les spectacles, les gladiateurs, les bêtes curieuses, les médailles, les tableaux et autres drogues de cette espèce étaient pour les peuples anciens les appâts de la servitude, le prix de leur liberté ravie, les outils de la tyrannie. »
Etienne de La Boétie (1530 – 1563), Discours de la servitude volontaire
Il écrivait ça il y a 450 ans ! Un texte édifiant écrit par un gamin de 18 ans et qu’on peut lire ici http://www.forget-me.net/LaBoetie/servitude.pdf. Une lecture salutaire en temps de campagne présidentielle, pour relativiser les maux de notre époque.
On aurait pu espérer que l’éducation nous libèrerait de cette manipulation. En fait, elle n’a que sophistiqué la manœuvre. Exit les gladiateurs après que Brigitte Bardot se soit indignée médiatiquement des fluctuations de poids de ces lions soumis à de longues périodes d’affamement. Et puis, le pullulement des pédés rendait le recrutement d’hommes virils de plus en plus difficile. Vous imaginez Albin au milieu de l’arène ? Même les chasseurs de tête ont déserté le créneau. C’était devenu plus difficile de recruter que pour le secteur de la restauration. Changement de stratégie.
Ce sont maintenant les reality show, les jeux vidéo et les voyages qui nous divertissent. Les candidats au Loft et à la Star Ac sont les gladiateurs des temps modernes. Sauf que le ridicule ne tue pas. Le génie de l’opération aura été de tuer dans l’oeuf toute velléité de révolte collective puisque l’opération gavage des cerveaux ne nécessite plus de rassemblement de foules.
Tout ça, au bénéfice de qui ? En occident du moins, on n’osera quand même plus parler de tyrannie des gouvernants. Alors à qui profite le crime ?11:15 Publié dans Poil à gratter | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : lesbian-touch, lesbienne
12.12.2006
Mary et Heather attendent un enfant
Mary Cheney, la L-fille de Dick Cheney vient d’annoncer qu’elle était enceinte. Les futurs grands-parents se sont déclarés ravis de la nouvelle et impatients d’accueillir leur sixième petit-enfant. Les détails du processus de procréation n’ont pas été révélés.
Tout ça, c’est bien joli. Si la fille du vice-président des Etats-Unis a un enfant avec sa compagne, ça ne peut que profiter aux droits des homosexuels dans un pays où ils sont un peu mis à mal. Sauf que Mary Cheney, elle a activement participé à la campagne qui a mené aux 4 années supplémentaires de Busherie que nous sommes en train de vivre. Campagne où, sur le fil, un Bush à court d’argument a abattu la carte de l’interdiction constitutionnelle du mariage entre personnes de même sexe. Pour être honnête, le vice-président et sa fille ont pris leurs distances sur ce sujet mais ils ont quand même grandement contribué à sa réélection. Ils auront donc contribué à façonner le monde dans lequel leur fils ou petit-fils grandira. Un scénario possible ?
Novembre 2018
Dans une Amérique qui ne cesse de vouloir se laver plus blanc que blanc, où la population n’en finit plus de renaître chrétienne, aucun des présidents qui ont suivi Bush n’a encore pris le risque de s’aventurer sur le terrain des droits des homos. Le mariage et l’adoption sont toujours impossibles. Un procès retentissant a démontré que les tribunaux toléraient les actes de discriminations, à condition qu’ils n’impliquent pas de violence physique.
Heather Poe, la compagne de Mary Cheney depuis plus de 25 ans, vient chercher leur fils, Harry Cheney, à l’école. Harry a été un enfant sans problème jusqu’il y a deux mois. Depuis deux mois, il est d’humeur maussade en rentrant de l’école et refuse de parler de ce qui le tracasse. Il devient même agressif quand elle essaie de lui en parler. Ca va un peu mieux avec Mary mais il ne se confie plus. Au moment où elle l’aperçoit seul devant l’école, Heather se demande si c’est juste l’adolescence qui commence ou si les attaques des autres enfants concernant sa famille se sont intensifiées. Le pire, c’est qu’au vu du climat actuel, elle ne peut même pas en vouloir aux autres enfants. Pour le dernier anniversaire d’Harry, seulement un tiers des enfants invités sont venus, les parents préférant ne pas exposer leurs enfants à leur famille déviante. Peut-être par conviction. Mais peut-être aussi simplement par crainte de sembler cautionner l’homosexualité aux yeux de leurs enfants dans une société où ce choix de vie devient de plus en plus difficile. L’an prochain, elles partiront à Disney Land plutôt que d’organiser une fête pour quatre ados. Et l’année d’après, elles verront, elles trouveront mieux que Disney Land.Elle arrive devant l’école, ralentit pour s’arrêter devant Harry qui ne la voit pas. Sa voiture est à deux mètres de lui, elle ouvre la fenêtre et l’appelle :
- Harry, on y va ?
- …
- Tu vas être en retard au tennis.
- Je vais pas avec toi.
Instantanément, elle a la réponse à la question qu’elle se posait il y a quelques secondes. C’est comme un coup de poing dans le ventre même si elle a eu le temps de tendre les muscles. Elle sort de la voiture pour s’approcher de lui.
- On ne peut pas y aller et discuter ça en chemin ?
- Non, j’attends maman.
- Et qui est là devant toi ?
- Si je ne veux pas aller avec toi, tu ne peux pas m’obliger.
- Qu’est ce qui te fait croire ça ?
- Les autres me l’ont dit. T’es pas ma mère, t’es personne, t’as rien à me dire. J’attends maman.
Elle l’agrippe par le bras et tente de l’entraîner vers la voiture.
- Maintenant ça suffit, on y va.
Harry commence à hurler qu’il n’ira pas avec elle, le surveillant de l’école arrive pour voir ce qui se passe. Harry crie qu’il ne veut pas aller avec elle, Heather demande au surveillant de ne pas s’en mêler et de la laisser résoudre ça à la maison avec Harry.
- Je suis désolé, Madame, mais si Harry refuse d’aller avec vous et si vous n’êtes pas un de ces parents ou que vous n’avez pas d’autorisation écrite d’un de ses parents, je ne peux le laisser partir avec vous.
- Ecoutez, son institutrice me connaît. Appelez la et elle vous expliquera que c’est un caprice.
- Madame, je connais votre situation mais comprenez que nous avons des règles à respecter. Vous ne voudriez pas que votre enfant puisse partir avec n’importe qui à la sortie de l’école.
- Le fait est que je ne suis pas n’importe qui et que vous n’imaginez même pas les conséquences que pourrait avoir votre erreur de jugement.
- Je suis désolé, Madame, mais je ne peux pas…
Heather est remontée dans sa voiture avant de perdre sa contenance. Elle n’en veut pas à Harry, la pression est lourde pour lui. Elle en veut au surveillant borné, elle s’en veut de ne pas avoir prévu une autorisation avec Mary, elle en veut à ce foutu pays qui l’oblige à n’être personne pour son enfant, qui lui fait du mal. Elle s’en veut d’avoir contribué à faire de ce pays ce qu’il est. En 2003, Mary croyait que la question homosexuelle n’était pas si importante et qu’elle ne justifiait pas d’abandonner ses autres convictions. Elle croyait en son père. Elle s’était facilement laissée convaincre de prendre part à la campagne. Elle l’avait cru quand il lui avait dit que toute cette agitation ne mènerait à rien, que c’était aller contre le sens de l’histoire et que la raison reprendrait bientôt le dessus. Et à vrai dire, Heather ne s’était pas vraiment méfiée non plus. La vie n’était pas si mal à l’époque. Il suffisait de choisir son cercle d’amis, de ne pas s’exposer ou d’avoir suffisamment de pouvoir pour pouvoir vivre sa vie sans en souffrir. Leur argent avait facilement acheté un peu de sperme et l’aide médicale nécessaire pour la procréation de Harry.Mais la société s’est radicalisée et au fur et à mesure qu’Harry a avancé dans la vie, il leur est devenu de plus en plus difficile de l’ignorer. Ce qui arrive aujourd’hui, cette menace lancinante sur son foyer, elle n’avait jamais imaginé d’en arriver là. L’épisode d’aujourd’hui lui permettra de remettre le sujet sur le tapis, d’ouvrir les yeux de Mary sur leur situation. La zone grise dans laquelle elle a navigué depuis la naissance d’Harry s’est assombrie au lieu de s’éclaircir comme elles l’avaient espéré. Elle voudrait au moins déménager vers un état où elle serait reconnue comme parent d’Harry. Mais cela veut dire s’éloigner de la famille Cheney, ce que Mary a refusé jusqu’à présent.
Décembre 2022
Le chat trônant sur le caddy, la famille Poe-Cheney arrive à l’aéroport au grand complet pour rendre visite aux parents de Mary. C’est Noël, le vol en provenance d’Alaska était bondé d’autres familles avec des parents de même sexe. D’année en année, elles sont de plus en plus nombreuses sur ce vol. Probablement pas parce que, contrairement à Mary et Heather, les autres familles aimeraient le froid et les nuits sans fin. Juste parce que c’est le seul état à leur accorder le statut de famille et à ne pratiquer ni tolérer aucune forme de discrimination. La devise de l’état, North to the future, risque de devenir bientôt Gay to the future sans que personne ne s’en offusque.
Dans le reste du pays, c’est la chasse aux sorcières. La semaine dernière, un juge d’Ohio a retiré la garde d’un enfant de deux femmes parce qu’il venait d’être renvoyé pour la seconde fois de l’école. D’autres états enlèvent régulièrement la garde d’enfants aux parents divorcés qui ont une relation homosexuelle. Des milliers de familles se retrouvent otages de leurs enfants qui commencent à comprendre le pouvoir qu’ils détiennent sur leurs parents. De plus en plus d’écoles créent des programmes d’information sur les sexualités. Ou pour le dire plus clairement, de redressement. Si les familles hétérosexuelles ont le choix d’inscrire ou non leur enfant, les enfants de familles homosexuelles sont invités avec insistance à participer. Amnesty international a lancé une campagne sur le sujet, les gays activistes portent une étoile rose pour marquer leur protestation mais les familles se tiennent à carreau par crainte d’exposer leurs enfants qui souffrent déjà suffisamment.
Mary et Heather ont décidé de déménager quand il est apparu qu’Harry n’échapperait pas aux sessions de redressement une année de plus. Elles n’avaient pas besoin qu’un psychologue leur confirme qu’il n’est pas attiré par les garçons. Le problème c’est qu’il manque tellement de confiance en lui qu’il n’ose pas non plus s’intéresser aux filles. Un bon lavage de cerveau sur la vie amorale de ses parents ne leur a pas paru être la solution à ses problèmes. A côté de ça et d’autres tracasseries, les sept mois de gel par an et les nuits de 18 heures en Alaska ont fini par ressembler à un Eldorado. Elles y resteront jusqu’à la majorité de Harry. Il retrouvera sa confiance en lui puisque c’est un Poe. En quelques mois, il a déjà fait des progrès et l’ambiance dans leur maison calfeutrée est meilleure qu’elle n’avait été depuis longtemps. Après cela, il entrera à l’université puisque c’est un Cheney. Elles partiront vivre au soleil en Espagne dès qu’il semblera avoir trouvé ses marques.
Mary n’est pas enthousiaste à l’idée de revoir son père. Elle a le sentiment qu’il aurait pu faire quelque chose, qu’elle ne serait pas en Alaska s’il avait pris le risque de perdre les faveurs d’un président qui allait contre ses intérêts. Qu’il l’a manipulée lorsqu’il l’a entraînée dans cette campagne.
Ca fait presque 20 ans maintenant, c’est probablement le dernier Noël de son père. Même diminué, il continue de l’impressionner. Elle voudrait pouvoir lui dire ce qu’elle a sur le cœur mais sait que, comme chaque année depuis longtemps, elle n’en fera probablement rien. Sauf si Harry l’interroge. Il s’est informé et a été déçu par ce qu’il a lu sur son grand-père. Mary a tenté d’expliquer que la situation à l’époque ne permettait pas de prévoir la situation actuelle mais Harry n’en démord pas. Quand il le reverra, il dira à son grand-père qu’il a été nul, et pas que pour les homos.15:30 Publié dans Poil à gratter | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : lesbian touch


