18.02.2008
Vingt-six
Après avoir mené la campagne la plus matérialiste de l’histoire, le présidentenet-tenet insiste maintenant sur l’importance de la dimension spirituelle pour une vie réussie. Ayant abondamment arrosé ses amis friqués et se trouvant bien dépourvu quand vient le tour des classes moyennes (les pauvres, on n’en parle même pas), le nain leur conseille maintenant d’aller voir ailleurs.
La spiritualité bling-bling, c’est confier la mémoire d’un enfant de la shoah aux enfants de CM2. «C’est inimaginable, insoutenable, dramatique, et surtout injuste. On ne peut pas infliger ça à des petits de dix ans, on ne peut pas demander à un enfant de s’identifier à un enfant mort. Cette mémoire est beaucoup trop lourde à porter…» a déclaré Simone Veil. Merci Madame.
Dans son prochain film Vicky Cristina Barcelona, Woody Allen aurait demandé à Scarlett Johansson et Pénélope Cruz de tourner une scène érotique. Selon un proche du réalisateur cité dans le New York Post : «C'est extrêmement érotique. Les gens seront stupéfaits, voire choqués. Penelope et Scarlett le font dans une chambre noire, baignées de lumière rouge. Le public en aura le souffle coupé.» Un peu plus tard, les deux femmes auront une expérience à trois avec Javier Bardem, qui joue le mari de Pénélope Cruz. (Next) Si avec un marketing pareil il ne cartonne pas au box office…
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05.02.2008
Vingt-cinq
Abstrait: du latin abstrahere, détacher de. Qualifie une pensée qui détache, retire certains éléments d'un objet concret tout en se donnant comme une pensée de l'objet dans sa généralité. Les idées abstraites sont ainsi des idées inadéquates car incomplètes. (définition extraite d’un lexique sur Spinoza)
« Inadéquat », c’est exactement ce que je pense régulièrement de mon boss. D’un point de vue diplomatique, vaut-il mieux lui demander d’être un peu plus concret ou un peu plus adéquat?
Dans la rubrique foutage de gueule : le spectacle d’Edouard Baer qui passe actuellement à la Cigale. Cher Mr Baer, votre création ne laisse en rien soupçonner une intelligence suffisante pour faire de l’humour sur les noirs, les indiens, les brésiliens sans que ça ne sente le racisme primaire. A part ça, je me demande encore comment vous avez pu aussi bien préserver votre monument à la connerie de toute trace de finesse, de subtilité ou d’humour. Ca dure deux heures, tout de même ! Pourtant vous avez entendu des rires et des applaudissements, me direz-vous. J’en conviens. Pour ma part, la couleur jaune de mon rire était noyée dans les éclairages et les applaudissements n’étaient que de soulagement. Mais même quand point la délivrance tant attendue, les lumières de la salle attendent le cinquième salut pour se rallumer. Rien ne nous aura été épargné.
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18.01.2008
Vingt-Quatre
Mon collègue se gratte la tête depuis que sa femme lui a dit que des poux ont colonisé les têtes de ses enfants. Espérons que ces enfants aient la délicatesse de mettre un couvre-chef pour protéger leurs poux du froid quand ils les emmènent en promenade.
Oscillant entre victime et bourreau, l’homme joue à l’équilibriste sur l’arête d’une montagne dont la culpabilité et la colère constituent les deux versants.
"Il fut un temps où j'étais persuadé que la cause de toute maladie mentale - or la cause de presque toutes les maladies est mentale - c'est la famille (...), le grand lit familial, mou et sentant le renfermé qui étouffe toute vie." Imre Kertész, DOSSIER K.
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09.01.2008
Vingt-trois
Alors certes, on peut s’indigner que le Nouvel Obs ait jugé bon d’afficher les fesses de Simone de Beauvoir en couverture, s’interroger sur la nécessité de retoucher la photo… Mais ce qui me flingue, moi, c’est qu’elle se balade en mules à talons alors qu’elle est sensée être seule dans sa chambre et photographiée par surprise dans sa salle de bain. Le style, on l’a ou on ne l’aura jamais.
"La splendeur terrestre s'évanouit, et mon deuil avec elle ; la mélancolie reflua dans un monde insondable et nouveau. Extase nocturne, sommeil céleste, tu descendis vers moi ; le paysage s'éleva doucement ; au-dessus du paysage plana mon esprit délivré, régénéré. Le tertre devint un nuage, au travers duquel j'aperçus les traits transfigurés de la Bien-Aimée. En ses yeux reposait l'éternité ; je pris ses mains, et les larmes firent entre nous un lien lumineux, indéchirable. Au loin, les siècles reculaient comme des ouragans. A son cou, je pleurais sur ma vie nouvelle des larmes de ravissement. Ce fut le premier, le seul Rêve, et depuis lors j'ai mis une confiance éternelle et irréductible dans le Ciel de la Nuit, et dans sa lumière, la Bien-Aimée. " (Novalis à propos du rêve où il revoit sa Bien-Aimée) Romantique, on l’est ou on ne le sera jamais.
Par contre, être bling-bling, ça s’apprend assez facilement. Simple question de volonté.
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08.01.2008
Vingt-deux
Phase éponge : phase durant laquelle la Leznotte ne fait qu’aspirer sans rien recracher. La Leznotte se pose alors devant un abreuvoir, souvent choisi au hasard, et slurpe à grand bruit. Bien gorgée mais pas forcément gonflée, elle poursuivra sa route en régurgitant à fréquence très irrégulière. Un surcroit de travail a systématiquement pour effet de coller la Leznotte au premier abreuvoir venu.
Le Présidentenet (la version présidentielle du Quèquet de Louxor) dit qu’il veut inscrire l’égalité homme-femme et la diversité dans la constitution. La diversité, c’est quand les nains se marient avec les géantes. Mais c’est aussi qu’un couple ne peut être constitué que par deux personnes de sexe différent. CQFD.
Sur quoi avez-vous changé d’avis en 2007 ? Personnellement, j’ai cessé de croire que je rencontrerai l’âme sœur cette année. La procédure de sélection version 2008 s’apparentera donc plus à l’élection de miss Vesoul qu’à un concours d’entrée au Quai d’Orsay. Par ici les greluches, pétasses et connasses en tous genres. Qu’importe le QI tant qu’on est Miss Vesoul.
18:22 Publié dans L'abîme du temps dilué | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : lesbian-touch, Lesbian
12.12.2007
Vingt-et-un
La perte des rêves passe souvent inaperçue. Il n’y a pas de date officielle de mort, ni tombe où aller pour se sentir proche d’eux. Et on sait l’importance de la symbolique dans le processus de deuil. Je pense donc ouvrir une entreprise funérêvre à laquelle les clients remettront les symboles de leur rêve que nous enterrerons ou incinérerons selon leur désir, en grande pompe ou dans l’intimité. J’attends avec impatience la première chanteuse ratée qui apportera le karaoké qu’elle a reçu pour son 6ème anniversaire, la mannequin qui apportera une valise de jeans taille 34 boudinée dans un 42, la catho intégriste plaquée qui apportera les alliances, ses livres d’enfant et l’album photo du jour le plus heureux de sa vie…
Soyez en certains, il s’agit d’une œuvre humanitaire. Pour ne prendre qu’un exemple, si Hitler avait pu enterrer dignement ses toiles et photos de classe au lieu de les garder honteusement dans un coin de grenier, craignant sans cesse d’être découvert, l’histoire du XXème siècle aurait peut-être été très différente.
« il avait la religion spéciale de ceux qui croient en ce qu’il disent dans le moment où ils parlent, cette religion qui n’a qu’un fidèle, et qui lui suffit. La foi de Cyprien était devenue maniaque. Il avait pour son moi une adoration si pure qu’il eût eu la nausée de le souiller au contact d’un autre moi ; je dis d’un sentiment, d’une volonté, d’une idée, d’une parole qui n’eût pas été très exclusivement cyprianique. » (Marcel Schwob, Dialogues d’utopie)
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11.12.2007
Vingt
L’idée même de l’intérieur d’un corps humain, des humeurs et viscères plus ou moins avariés qu’il contient me répugne. Les travaux manuels ne sont pas non plus ma tasse de thé. Pourtant, hier, une vision est venue s’interposer entre moi et mon boss : moi en salopette plastifiée blanche, nettoyant son sang sur le carrelage après l’avoir découpé à la scie et rangé les morceaux dans des sacs poubelles.
Le pigeon qui git sur le trottoir était promis à un bel avenir jusqu'à ce que ses excréments maculent la toge de Kadhafi dans la cour de l’Elysée. Ce combattant zélé des droits de l’homme laisse derrière lui trois œufs qui devraient éclore dans moins d’une semaine.
Les cadeaux forgent l’amitié. Le seul point commun entre mon beauf et moi étant le temps que nous passons dans les bars, Les brèves de comptoir seront parfaites pour Noël.
14:56 Publié dans L'abîme du temps dilué | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : lesbian-touch, Lesbian
10.12.2007
Dix-neuf
Pour conserver sa libido, la mettre au frigo.
« Le colonel libyen... C'est sa première visite officielle depuis trente-quatre ans, il avait alors été reçu par le président Georges Pompidou, en novembre 1973. » Plus qu’à espérer que Sarkozy sera à Kadhafi ce que J.J. Lionel est à Charles Aznavour, un amateur.
Des leçons chez Poutine et Kadhafi, est-ce la formation continue proposée par l’ANPE au petit Nicolas ?
18:34 Publié dans L'abîme du temps dilué | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : lesbian-touch, Lesbian
06.12.2007
Dix-huit
Si je devais un jour tenir ton crâne entre mes mains, je le remplirais de Brunello, ton vin préféré, et boirais à ta santé. Je l’installerais ensuite dans ma bibliothèque avec des petites lumières dans les yeux. Pour que tu me regardes toujours avec cette étincelle qui éclaira tes yeux sombres la première fois où nos regards se sont croisés.
A quand la gentrification des cités ? Je viens de découvrir le mot et je voulais vite le placer avant de l’avoir oublié. En lisant la définition, je pensais à l’application du concept en littérature. Sentiment que les rentrées littéraires ne sont plus que bourgeoisement subversives.
Nous navettons, contraction de « navet » et « thon ». Inutile de préciser que le métro n’est pas un lieu propice à la drague.
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04.12.2007
Dix-sept
La classe, c’est Leona Helmsley, grosse fortune américaine qui disait tout haut ce que chacun sait. « Nous ne payons pas d’impôts. Il n’y a que les petites gens qui paient des impôts. » Fidèle à elle-même jusque dans la tombe, cette aimable dame a légué 12 million de dollars à un roquet hargneux.
Dans la série des excuses foireuses, une dépêche Reuters: “Les habitants de la petite tribu de Nubutautau [Fiji] ont pleuré en présentant leurs excuses aux descendants d’un missionnaire anglais tué et mangé par leurs ancêtres 136 ans plus tôt”. Les villageois et la famille du missionnaire, le Révérend Thomas Baker, ont pris part à un rituel complexe pour rompre un sortilège auquel les locaux attribuent une longue période de malchance. Une vache a été sacrifiée et le chef du village, descendant du chef qui a cuisiné le missionnaire, a embrassé les 11 parents du missionnaire présents pour l’occasion.
Sentiment de n’avoir vécu que dans les marges de ma vie, de n’avoir pas encore trouvé le passage qui donne accès à la fête vitale. Chercher dans Paris une dose de Peyotl pour, comme disait Charles Duits, « s'évader de la cellule où l'enferme l'inexplicable ensommeillement de ses facultés. » ? Ce balcon où vont apparaître des cactus, c’est peut-être le mien.
17:42 Publié dans L'abîme du temps dilué | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : lesbian-touch, Lesbian


