22.07.2009

Merci Jimmy!

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Patricia-M nous conseillait il y a peu d’accorder plus d’attention aux bonnes nouvelles.

 

Alors commençons par la bonne puisqu'il y en a aussi une mauvaise : Jimmy Carter (pour les plus jeunes d’entre vous, président des Etats-Unis de 1977 à 1981) a annoncé il y a quelques jours qu’il rompait ses liens avec la convention Baptiste à laquelle il appartenait depuis 60 ans. Il quitte parce qu’il se trouve en désaccord avec les positions de cette convention sur les femmes : “It was an unavoidable decision when the convention's leaders, quoting a few carefully selected Bible verses and claiming that Eve was created second to Adam and was responsible for original sin, ordained that women must be "subservient" to their husbands and prohibited from serving as deacons, pastors or chaplains in the military service.”

D’autres extraits de sa communication se trouvent à la fin de la note(*). C’est un peu long mais ça vaut la peine si le sujet vous intéresse.

La mauvaise nouvelle ensuite : on se souvient de la vague d’incrédulité qu’avait soulevée l’excommunication de la mère et des médecins d’une petite brésilienne de 9 ans qui avait subi un avortement. On n’en a plus beaucoup parlé récemment mais voici la suite.

L’excommunication avait eu lieu en mars. Un peu plus tard, un évêque proche du pape avait tenté d’adoucir la position de l’Eglise en écrivant dans L’Osservatore Romano, la Pravda catholique, que la jeune fille « devrait être défendue et enlacée tendrement pour lui faire sentir que nous sommes tous à ses côtés. ». Il y a deux semaines, l’évêque qui avait prononcé l’excommunication, étant déjà à un âge bien avancé, avait démissionné.

On en était là jusque ce dernier rebond : le Vatican vient de publier une clarification, à nouveau dans sa feuille paroissiale. Il confirme de manière non équivoque que toute personne participant à un avortement est automatiquement excommuniée, quelles que soient les circonstances. Comme si le pape avait le sentiment que le fait d’avoir montré de la compassion à l’égard d’une gamine de 9 ans victime de sévices sexuels, suivis d’une grossesse à un âge aussi ridicule pouvait porter à confusion.

Je n’arrive pas à y voir autre chose que l’expression d’un cœur de pierre. Il pouvait juste se taire puisque toute l’affaire s’était tassée. S’il avait œuvré à l’ère des tribunaux religieux, le beau-père violeur aurait probablement été entendu s’il avait porté plainte pour assassinat de ses fœtus.

Mes lecteurs de longue date, s’il s’en trouve, connaissent la haine quasi-religieuse que m’inspire l’Eglise. L’épisode brésilien ne fait que confirmer mon dégout de ces hypocrites. Mais il ne rend que plus fort et plus beaux des actes tels que ceux que Carter vient de faire. C’est une chose d’être féministe quand on est née femme, c’en est encore une autre quand on est né homme. Benoît XVI, en étant aussi catégorique ne fait que démontrer un peu plus son mépris des femmes.

Merci Jimmy !

 

(*) “This view that women are somehow inferior to men is not restricted to one religion or belief. It is widespread. Women are prevented from playing a full and equal role in many faiths.

Nor, tragically, does its influence stop at the walls of the church, mosque, synagogue or temple. This discrimination, unjustifiably attributed to a Higher Authority, has provided a reason or excuse for the deprivation of women's equal rights across the world for centuries. The male interpretations of religious texts and the way they interact with, and reinforce, traditional practices justify some of the most pervasive, persistent, flagrant and damaging examples of human rights abuses.

At their most repugnant, the belief that women must be subjugated to the wishes of men excuses slavery, violence, forced prostitution, genital mutilation and national laws that omit rape as a crime. But it also costs many millions of girls and women control over their own bodies and lives, and continues to deny them fair access to education, health, employment and influence within their own communities.

The impact of these religious beliefs touches every aspect of our lives. They help explain why in many countries boys are educated before girls; why girls are told when and whom they must marry; and why many face enormous and unacceptable risks in pregnancy and childbirth because their basic health needs are not met.” …

“The Elders have decided to draw particular attention to the responsibility of religious and traditional leaders in ensuring equality and human rights. We have recently published a statement that declares: "The justification of discrimination against women and girls on grounds of religion or tradition, as if it were prescribed by a Higher Authority, is unacceptable."

We are calling on all leaders to challenge and change the harmful teachings and practices, no matter how ingrained, which justify discrimination against women. We ask, in particular, that leaders of all religions have the courage to acknowledge and emphasize the positive messages of dignity and equality that all the world's major faiths share.

Although not having training in religion or theology, I understand that the carefully selected verses found in the holy scriptures to justify the superiority of men owe more to time and place - and the determination of male leaders to hold onto their influence - than eternal truths. Similar Biblical excerpts could be found to support the approval of slavery and the timid acquiescence to oppressive rulers.”…

“The truth is that male religious leaders have had - and still have - an option to interpret holy teachings either to exalt or subjugate women. They have, for their own selfish ends, overwhelmingly chosen the latter.

Their continuing choice provides the foundation or justification for much of the pervasive persecution and abuse of women throughout the world. This is in clear violation not just of the Universal Declaration of Human Rights but also the teachings of Jesus Christ, the Apostle Paul, Moses and the prophets, Muhammad, and founders of other great religions - all of whom have called for proper and equitable treatment of all the children of God. It is time we had the courage to challenge these views.”

11.07.2009

P... d'crise

La crise n'épargne pas l'industrie du sexe. Les maisons closes allemandes, dans lesquelles exercent environ 400.000 prostituées, ont dû accorder des rabais, lancer des offres groupées et autres types de promotions pour attirer des clients de plus en plus soucieux de leur portefeuille. La tenancière d'un établissement à Hanovre dit avoir vu baisser son CA de 30%. L'histoire ne dit pas si les prostituées ont droit à un SMIC ou au chomage.

Si j'étais actionnaire d'une banque, je penserais à débaucher une prostituée pour en faire un CEO. Elles connaissent intimement la valeur de chaque euro et n'ont surement pas moins de bon sens que tous les boutons d'une chemise à col blanc réunis.

Mais la crise offre aussi des opportunités aux audacieux. Outre Atlantique, fleurit actuellement une offre d'aliments enrichis en ondes positives. Par exemple, la firme Intentional Chocolate expose ses chocolats pendant 5 jours aux ondes électromagnétiques enregistrées du cerveau de moines tibétains en méditation. Un analyste du secteur n'hésite pas à prédire qu'avec un bon marketing, ce marché peut devenir énorme. Chers collègues banquiers, gardons espoir! Il reste de la place pour les charlatans.

Quand à notre tenancière de bordel, elle pourrait peut-être envisager des séances de méditation pour ses employées?

06.07.2009

Ben, oui mais non!

Michel Rocard publie un point de vue dans Le Monde daté de demain intitulé "Les européens ont voté pour que la crise continue". Ce point de vue, qu'on peut lire ici: http://www.lemonde.fr/opinions/article/2009/07/06/m-rocar..., commence par une analyse limpide des causes de la crise économique avant de conclure, mine de rien, par:

" La social-démocratie internationale explique depuis un demi-siècle que les marchés ne sont pas auto-équilibrants, qu'il faut réguler économie et finance, et lutter fiscalement contre les inégalités. Les faits, et cette crise, lui donnent tragiquement raison. Elle vient pourtant de perdre partout les élections européennes, et cela massivement.

En votant partout conservateur, pour les forces qui nous ont amenés à la crise, les électeurs ont montré leur attachement au modèle du capitalisme financiarisé. L'espoir du gain boursier, de la fortune est devenu trop prégnant. Le résultat ne laisse guère espérer un traitement politique sérieux de l'anémie économique actuelle. Combien faudra-t-il de crises pour convaincre les peuples ? En tout cas, le mécanisme de leur répétition paraît enclenché. "

Monsieur Rocard, j'ai beaucoup d'admiration pour votre clairvoyance, que je vois à nouveau à l'oeuvre dans la première partie de votre article. Par contre, nous expliquer que le PS, puisque c'est bien de ça que vous parlez quand vous parlez de social-démocratie, a perdu parce que les électeurs n'ont rien compris, c'est vraiment nous prendre pour des cons. Parce que, sérieusement, j'ai cherché et mes amis ont fait de même. On espérait tous que le PS allait rebondir sur cette crise, revenir avec un vrai projet de société dans lequel on aurait envie de croire. Mais rien. Juste rien. Alors on n'a pas voté pour vous. Mais le problème, vous voyez, c'est pas qu'on n'a rien compris. C'est que le PS n'a pas fait son boulot.

Alors, si vous voulez vous démarquer de la concurrence, arrêtez de nous prendre pour des cons, levez-vous tôt le matin et faites votre boulot (enfin tard le soir, ça compte aussi parce que tôt le matin, ça coince un peu vous voyez où). Je veux dire, proposez-nous quelque chose de concret sur les problématiques qui nous touchent, pas une litanie sur la fraternité. Pour ça on va chez les scouts. Ni un gloubiboulga de critiques. Pour le moment, on trouve encore dans les journaux et sinon on fera tous seuls. Parce que, pour nous, si c'est pour être pris pour des zozos, c'est autant voter nain de jardin: il nous prend pour des cons mais ne s'en cache pas et, en bonus, il nous promet qu'on gagnera plein de sous si on se lève tôt. Et nous, on le croit. Tu le crois, ça? Ben si, cons à ce point, t'avais peut-être raison finalement.