22.04.2008

Bjork, j'adore

Pour moi, la voix féminine actuelle qui restera dans l'histoire c'est elle. Et pour vous? 

18.03.2008

Maman

"Selon une étude parue dans Women today, 60% des femmes parlent de leur mère une fois par jour, et 12% d'entre elles y pensent au moins une fois par heure. Dans ce même sondage, elles ne sont que 3% à trouver qu'à la longue, ça commence à faire beaucoup." Lu dans Paul-Eric Blanrue, Ma femme est un génie, une nouvelle à lire si vous n'avez rien d'autre à faire sur www.revuebordel.com.

17.10.2007

Paris Hilton: la crise existentielle

Dans Libé : « La «jet-setteuse» Paris Hilton, qui a découvert la Bible lors d’un récent séjour en prison, va se rendre au Rwanda dans le cadre d’une mission humanitaire afin, dit-elle, de donner un sens à sa vie. »

 

Les enfants rwandais préfèreraient probablement qu’elle donne un nouveau sens à sa fortune qu’à sa vie.

 

 

Et nous, on préfèrerait qu’elle en profite pour arrêter de nous inonder de son insignifiance. Mais là, c’est rapé : « Paris sera filmée tout au long de son séjour » et « Scott Lazerson, fondateur de cette ONG, espère ensuite mettre sur le marché, avec les films réalisés, un «reality show» présentant des célébrités compatissantes aux prises avec la misère du monde. » On se disait bien… Pour relancer une notoriété qui bat de l'aile, les enfants rwandais, c'est plus fort que La Ferme.

12.10.2007

De l’utilité d’un prix Nobel dans un bar

Doris Lessing gagne le prix Nobel de littérature. Elle est la 11ème femme à le gagner en un peu plus d’un siècle d’existence. Dans le discours de l’académie qui décerne le prix, on retiendra notamment le passage suivant: “The burgeoning feminist movement saw it as a pioneering work and it belongs to the handful of books that inform the 20th century view of the male-female relationship.”

 

Hier soir, rencontre avec un poète ivre au coin d’un bar : « je vais te faire ta fête », suivi quelques explications plus tard d’un autre vers admirable : « j’ai une chatte en fleurs ». Les explications de Doris Lessing m’auraient-elles éclairée au 21ème siècle ? Ou suis-je tombée sur un primate qui périmait à la fin du 20ème ?

 

Même si ses livres n’étaient d’aucune utilité directe contre les lourdauds, celle que l’académie décrit comme “epicist of the female experience who with scepticism, fire and visionary power has subjected a divided civilisation to scrutiny" vaut certainement le détour. Bravo, Madame !

03.04.2007

Femmes, je ne vous aime pas quand…

http://www.lexpress.mu/display_news_dimanche.php?news_id=...

… vous vous comportez comme les pires des hommes, quand vous vous laissez aveugler par leur bêtise, quand vous vous retournez contre vos sœurs d’infortune, quand vous combattez pour votre malheur.

La théorie de Spengler postulait qu’en se prostituant, les femmes iraniennes s’adaptent au niveau des hommes qui les entourent. Pour s’ajuster, ces femmes pakistanaises adoptent les comportements des hommes. Ce faisant, ne tombent-elles pas plus bas qu’eux ? Elles perdent leur dignité, probablement leur meilleure arme face à la force des hommes. Les hommes ont perdu leur dignité mais il leur reste la force. Quand les femmes perdent leur dignité, elles perdent tout.

Sans dignité, comment pourront-elles revendiquer le respect ? Quand a-t-on vu un maître éprouver autre chose que du mépris pour ceux qui se méprisent eux-mêmes ? Et surtout, leur dignité sacrifiée aveuglement sur l’autel de l’extrémisme, qui pourra la leur rendre ? Comment renaître après s’être suicidée ? Lorsque, esclave des hommes et sans âme à laquelle confier ses peines avec confiance, même la musique s'est envolée ?

Dans sa déchéance et sa douleur, l’iranienne préserve sa dignité et son intégrité. Sa vie retentit telle un cri d’injustice. La pakistanaise préserve sa virginité mais tue sa famille avant de retourner l’arme contre elle. En même temps qu’on s’interroge sur les raisons d’un tel acte, on espérerait presque qu’elle ne se rate pas.

21.03.2007

A vos claviers, citoyennes!

AgoraVox ( http://www.agoravox.fr ), vous connaissez ? Moi non plus jusqu’il y a quelques jours. Disons que c’est un gros blog d’information collectif avec plusieurs milliers de contributeurs et un comité éditorial qui sélectionne les articles avant de les mettre en ligne. Passage sur leur site donc pour voir de quoi il s’agit exactement et ce que tous ces citoyens et citoyennes ont à dire.

Et là, stupeur ! Les citoyennes n’ont rien à dire. Sur la droite de la page d’accueil se trouve la liste des rédacteurs du jour, 24 au total dont 3 collectifs (associations ou magazines) et… 21 hommes. Je veux dire des mâles. Hier non plus, il n’y avait pas une seule femme en vue.

AgoraVox revendique un million de lecteurs (ou de visites ? J’ai la mémoire qui flanche) et plus de dix mille contributeurs et les femmes n’y occupent qu’un espace minime. Alors deux possibilités : soit le comité de sélection censure les femmes, soit elles ne s’expriment pas dans les espaces de parole. On ne peut rien exclure mais la thèse de la censure sexiste me paraît légèrement teintée de paranoïa. La seconde me paraît plus plausible.

Alors, quoi ? On n’a rien à dire ? Dans ce cas, on fait bien de se taire. Mais alors, on n’a plus le droit de se plaindre non plus. On n’ose pas dire ? On a peur ? Peur de quoi ? Les femmes se retrouvent ailleurs que sur AgoraVox ? Dites-moi où, ça m’intéresse. Ce sont les hommes qui parlent trop ? Certainement mais ils ont au moins le mérite de remuer des idées, d’en discuter. Et puis, sachant que celui qui gueule le plus fort finit souvent par faire prévaloir ses idées, il faudrait voir à donner un peu de la voix aussi si on veut exister.

Pour info, une recherche sur le mot « lesbienne » donne 14 résultats depuis août 2005 (dont 6 où c’est dans l’expression gay et lesbienne), le mot « gay » en donne 91, « cinéma » 441 et « élection » 1838. S’il y a un lobby gay et lesbien, AgoraVox n’est pas son media. A moins qu’AgoraVox ne soit homophobe en plus d’être sexiste ?

PS : merci à Mlle Canarde de Paris qui est peut-être une femme et qui vient de faire son entrée dans la liste des rédacteurs du jour.

PS2 : Le temps de terminer cette note, Mlle Canarde est sur le point de sortir de la liste des derniers contributeurs. Aucune autre femme n’est venue prendre la relève.

Electeurs sexistes ? Peut-être pas ceux qu’on pense

Selon un sondage IFOP, moins de 20% des hommes et presque 30% des femmes auraient l’intention de voter pour Ségolène Royal. Pour les autres candidats (sauf Le Pen), les intentions de vote sont nettement moins différenciées en fonction du sexe des électeurs. Il y a donc bien un effet de genre sur la candidate PS. Certains n’hésitent pas à conclure à un machisme des hommes qui porterait préjudice à la candidate socialiste. Et les féministes de commencer à s’agiter, de ressortir les discours sur le machisme ambiant, l’inégalité des sexes, plafond de verre… 

Pourtant, une autre lecture de ces sondages est possible. Si les hommes sont susceptibles de faire preuve de machisme, les femmes le sont tout autant de faire preuve de favoritisme. C’est oublier que la solidarité féminine n’est peut-être pas la vertu la plus répandue sur terre mais imaginons. Dans ce cas, le score de Ségolène serait plus élevé de celui qu’aurait rassemblé un homme toutes autres choses étant égales. Ou on aurait un mélange de machisme et de favoritisme qui ramènerait Ségolène à son score « gender neutral » ? Peut-être le PS est-il simplement en bout de course, plafonne-t-il naturellement à 20%. Hypothèse pas farfelue au vu de 2002. Peut-être la préférence des femmes pour Ségolène permet-elle de sauver les apparences. On imagine que DSK et Fabius doivent avoir du mal à envisager cette hypothèse et que, si débâcle il y a, les poids lourds seront plutôt contents d’avoir sous la main une chèvre émissaire toute désignée. Et pourtant, 30% de femmes qui voteraient PS : l’anomalie, elle me paraît plutôt se trouver là que chez les 20% d’hommes.

Alors, qui est le plus sexiste des deux ? Peut-être pas les hommes.

Par contre, Messieurs, 20% d’entre vous qui voteraient Le Pen alors que seulement 8% des femmes le feraient. Difficile d’interpréter ces chiffres à votre honneur.

13.02.2007

Meetic: précautions d'usage

Parmi d'autres, probablement, deux théories concernant les « valeurs » des êtres appartenant aux deux sexes.

L’une, développée par un journaliste et baptisée par lui-même de son propre nom : « By Spengler's Universal Law of Gender Parity, the men and women of every place and every time deserve each other. A corollary to this universal law states that the battered Iranian whore is the alter ego of the swaggering Iranian jihadi. » Avant de voir ce modeste blog assailli d’insultes, je précise que c’est extrait d’un article consacré à l’augmentation de la prostitution parmi les femmes iraniennes. La thèse de l’auteur est que les femmes, n’ayant plus face à elles que des loosers de jihadi, se mettent à leur niveau en se prostituant.

L’autre théorie émanait d’un journaliste anglais dans une chronique qu’il consacrait au nombre croissant de femmes qui restent célibataires. Les femmes veulent un mari qu’elles admirent alors que les hommes choisissent leur femme selon d’autres critères. Une étude a montré que l’intelligence des femmes mesurée en termes était négativement corrélée avec leur chance de se marier. Vieux truc déjà répété jusqu’à l’usure dans tous les dîners en ville. Ce qui s’y dit moins, c’est que les femmes étant de plus en plus nombreuses à faire des études, voire même majoritaires dans certaines orientations, nombre d’entre elles resteront célibataires faute de trouver un homme qui les fasse rêver.

Conclusion : deux alternatives s’offrent aux femmes hétéros. Soit elles s’ajustent au niveau masculin (dur, dur). Soit elles renoncent à tout espoir de vie à deux (moins dur sans être enviable). J’oubliais la troisième voie : entrer dans le harem d’un homme admirable (j’en connais).

Encore une bonne raison de se réjouir d’être gouine. S’il en fallait encore.

28.04.2006

Négociations (salariales surtout)

Mauve l’a dit, il faut résister et éduquer. J’ajouterais que pour résister il faut d’abord s’éduquer. D’où cette rubrique « être une femme », pour partager avec celles qui s’égareront en ces notes oubliées des hommes et des dieux des lectures/expériences intéressantes concernant les femmes (à l’exception de mes aventures sentimentales, ça va sans dire). Pour rendre à Mauve ce qui est à Mauve, la lecture de son blog a été le déclencheur de ceci. Après ce bref hommage, passons à un sujet qui nous concerne toutes à l’exception des rentières.


Souvent, les talents de négociation sont encore évalués selon des critères de réussite masculins et le climat des négociations est imposé par les hommes. Dans un tel monde, les femmes sont réputées être de piètres négociatrices. Celles qui sont arrivées au sommet l’ont fait en jouant la compétition, l’agressivité et la domination comme le font les hommes.


Les obstacles que rencontrent les femmes pour suivre cette voie tiennent autant à elles-mêmes qu’à la perception des autres. Après qu’on leur ait inculqué depuis l’enfance les mérites de la discrétion et de la douceur, elles doivent d’abord surmonter ce qui est devenu un réflexe pour elles. Quand elles le font, la société est choquée de les voir sortir du rôle qui leur avait été assigné. A cause de ces différences de perception, une femme qui se comporterait exactement comme un homme n’obtiendrait pas les mêmes résultats. Il faut en plus qu’elle enveloppe son discours de fer dans un gant de velours pour avoir une chance de faire mouche.


Plusieurs études tendent maintenant à montrer qu’au-delà des impressions, les femmes seraient de bonnes négociatrices si on mesure leurs résultats selon des critères plus objectifs. Les traits de caractère considérés comme plus féminins : l’intuition, la curiosité, la sensibilité… constitueraient des atouts en situation de négociation.
La revue World Business énumère les atouts féminins en matière de négociation :
·          “Ability to put themselves in their counterparties’ shoes
·          Comprehensive, attentive and detailed communication style
·          Empathy that facilitates trust-building
·          Curious and attentive listening
·          Less competitive attitude
·          Strong sense of fairness and ability to persuade
·          Proactive risk manager
·          Collaborative decision-making”
Elle oublie :
·          Notre incontestable charme

Reste que si les femmes disposent de réels atouts, elles sont mauvaises quand il s’agit de négocier leur salaire. Parmi les facteurs qui nous déforcent quand arrive l’heure de discuter notre rémunération :
·          notre légendaire discrétion,
·          manque de confiance en nous qui nous amène à sous-évaluer la valeur de notre travail,
·          on sait toutes qu’on est mauvaises pour ça,
·          mauvaise résistance à l’incertitude qui nous fait accepter trop vite une mauvaise proposition,
·          on se compare plus à nos copines qu’à nos copains qui sont en moyenne mieux payés que nous,
·          confiance en l’équité de l’employeur. Les filles, vendre son travail, c’est pas comme acheter une robe de mariée chez Tati. Le prix affiché, il faut le négocier. Les hommes le font en moyenne beaucoup plus que les femmes et ça suffirait à expliquer une bonne partie de l’écart de salaire entre eux et nous.

A titre d’illustration des deux derniers points, une histoire vraie. Une entreprise propose à une employée de l’expatrier et lui fait une première offre. Sur base de ses recherches, l’employée avait espéré obtenir 33% de plus et répond donc du tac au tac qu’à ces conditions, elle refuse. Toujours sans avoir annoncé le montant qu’elle avait espéré. Encore plus vite qu’elle a refusé, l’employeur augmente son offre de 50%. En fait, à première vue, la première offre semblait alléchante et l’employée l’aurait acceptée si elle ne s’était pas informée. Elle ne peut quand même pas reprocher à son boss d’avoir essayé. Mais parce qu’elle s’était renseignée, elle savait ce qu’elle valait sur le marché où on lui demandait d’aller et l’a obtenu. Leçon supplémentaire au passage : toujours laisser l’employeur faire la première offre.


Donc, les filles, quand viendra la saison des évaluations, faites vos devoirs :
·          avant d’aller négocier, renseignez-vous bien sur les normes salariales liées à votre job. Incluez de préférence des hommes dans votre échantillon ;
·          pour vous mettre en confiance, n’hésitez pas à répéter votre entretien de négociation, à envisager les arguments possibles de votre employeur (2,5% d’augmentation, c’est quand même bien, non ? La moyenne pour toute la boîte est de 2, 17%, alors 2,5… tu vois qu’on a fait un effort), à passer le temps qu’il faut pour vous convaincre que, quoiqu’en dise la pub, vous valez bien plus que le meilleur des shampoings l’Oréal.

·          ·         

Vous vivez bien sans ? Pas grave, vous le donnerez à une ONG. Mais, c’est Leznotte qui vous le dit : c’est votre devoir d’obtenir tout ce que vous pouvez. Et une fois que vous l’aurez obtenu, coachez vos copines.

Dans un monde où l’argent est roi, l’égalité des sexes passe par celle des salaires. Ce n’est pas un sujet très excitant. Et justement, puisque ce n’est pas très emballant, négocions bien une fois pour toute et passons l’âme en paix à autre chose.