29.10.2007

L'abîme du temps dilué (7)

Week end ensoleillé suivi d’un lundi pourri. Il n’y a plus de saisons.

 

Elle se trouve trop belle, elle me regarde comme elle regarde son miroir. Elle s’aime trop, elle me sourit comme elle sourit à son miroir. M’en aller avant que le pavé qu’elle lancera un jour sur son reflet ne me fracasse la tête.

 

Ne pas décapiter un con, ce n’est pas ça qui va améliorer son QI.

26.10.2007

L'abîme du temps dilué (6)

Assise sur la toilette, je repense à cet excellent article sur la métalepse. Comment partager ma connaissance toute fraîche ? Vaut-il mieux procéder par l’exemple ou coller une définition formelle ? Les robinets ne crachotent que de l’eau froide, ne vaudrait-il pas mieux radiner sur l’épaisseur du papier toilette ? Après tout, si on peut se laver les mains convenablement, peu importe si on s’en met un peu sur les doigts.

 

Horoscope : sagittaires, aujourd’hui vous marcherez sur un râteau au moment où vous rencontrerez celle qui serait devenue la femme de votre vie si vous aviez croisé son regard.

 

Je sais, c’est infâme de colporter les ragots et de sortir les gens du placard. Je ne résiste néanmoins pas au plaisir de répéter ici qu’Albus Dumbledore est gay. L’Eglise s’apprête à inscrire les sept volumes d’Harry Potter à l’index.

25.10.2007

L'abîme du temps dilué (5)

FIAC 2007 : Elle n’aime pas les dessins de nu qui décorent mon appartement. J’en retourne un, une étiquette rappelle aux visiteurs que le cadre coûtait 315FFR chez BHV. J’en transforme un autre en herbier. Je scotche des vêtements de poupée sur l’indécence d’une autre. Une autre se noie sous les pense-bêtes. Je poinçonne le corps d’une autre en lui amputant les bras et les pieds. Je m’entraîne au craché de papier mâché sur la suivante. Je prends rendez-vous chez la gynécologue avant d’initier une culture de moisissure sur le sexe de la dernière. Tout cet art contempovain me donne la nausée.

 

138 jours sans gouvernement : Si le roi de Belgique mourrait aujourd’hui, le service du protocole devrait improviser une dernière histoire belge.

 

Incendies en Californie : Quand Schwarzenegger donne une interview, on comprend à quel point les effets spéciaux de Terminator étaient bien faits.

24.10.2007

L'abîme du temps dilué (4)

Le suicide est le seul happy end possible puisque c’est la seule fin de l’histoire qui correspond au choix du héros.

 

Helen Levitt capture des scènes de rue dans les quartiers pauvres américains, d’abord en noir et blanc puis en couleurs. La couleur met la misère à nu, lui enlève toute forme de poésie. Le spectateur ne peut plus ignorer sa réalité qui s’étale crûment sous son œil. Pour un monde plus juste, on pourrait interdire les vitres fumées et le port de lunettes solaires.

 

Au Jeu de Paume, dans les photographies de Steichen, seul l’ennui n’est pas en toc. Il déborde des photos jusqu’à s’emparer du visiteur. C’est une œuvre très forte.

23.10.2007

L'abîme du temps dilué (3)

En 136 jours, Sarkozy a en vrac irrité Angela, s’est ridiculisé chez Vladimir, a mangé des hamburgers chez les Bush, a divorcé, offert 15 milliards aux moins défavorisés, lancé une réforme des retraites, provoqué une première grève, bâclé une loi sur les heures supplémentaires, lancé un Grenelle de l’environnement à la mer, accordé des avantages sur les achats immobiliers, l’immigration, les enseignants, les pauvres, Guy Môquet, le Sénégal, Lisbonne, Rabat… En ces mêmes 136 jours, la Belgique ne s’est toujours pas trouvé un gouvernement. Dans les milieux bien informés, on s’autorise à penser que les politiciens belges ont décidé de commun accord de prendre quelques semaines sabbatiques avant de s’astreindre à un tel rythme. Ne pas se fier aux apparences, c’était une idée des flamands.

 

Une étude du Dr Clutton-Brock montre que plus une espèce est polygame, plus l’espérance de vie des mâles est inférieure à celle des femelles. En étant polygame, les mâles augmentent en effet les menaces sur leur vie. L’évolution en a pris bonne note et investit moins de ressources pour les faire vivre vieux. Les lesbiennes ont-elles une espérance de vie inférieure aux femmes hétéros ?

 

CNBC Europe sans son toute la journée. Pas besoin d’écouter pour comprendre qu’il n’y a pas beaucoup de rigolos dans leurs studios. Un des frères Maloof est interviewé. Pendant qu’il parle, un "carton" à la façon des films muets efface son visage pour annoncer : "Net worth : $ 1 billion". Le téléspectateur ne sait plus trop s’il est sur une chaîne financière ou dans une agence matrimoniale.

22.10.2007

L'abîme du temps dilué (2)

Grève des transports : réallouer les économies sur les retraites des cheminots à la recherche sur la télétransportation.

Chez Gucci, la vendeuse n'est ni hautaine ni désagréable. Elle est même plutôt souriante. Entrevoit-elle l'ombre d'une possibilité de me vendre quelque chose? Pourtant, son fatras me rend surtout perplexe. Et son sourire encore plus. Que suis-je devenue pour mériter ça ? S’extirper du temps dilué de la semaine pour plonger dans la perplexité le week end… à quoi rime la vie ? A moins qu'il suffise de changer de boutique. Prada est juste à côté.

Quand l’efficacité aura dévoré le plaisir, quand le sécuritaire aura anéanti l’originalité, quand la déprime aura tué l’humour et que le pessimisme aura rattrapé nos rêves, on nous demandera pour en finir de produire des molécules d’amour pour remplacer l’ozone.

19.10.2007

L'abîme du temps dilué

« La lenteur et l'ennui sont l'essence même de la vie-de-bureau. En franchissant chaque matin le portillon du hall d'entrée, chaque salarié pénètre dans un autre espace où le temps est dilué, les heures engourdies, les événements et les émotions atténuées. » (Teodor Limann, Morts de peur, la vie de bureau, Les empêcheurs de penser en rond)

Voici donc quelques idées sorties de l’abîme du temps dilué.

« Ensemble, tout devient possible » nous a dit notre président pendant sa campagne. Aujourd’hui, Cecilia dit  «  … ce n'était plus possible. On a tout essayé, j'ai tout essayé. Simplement, ce n'était plus possible. » Le possible qui devient impossible, c’est aussi une possibilité. Ca vaut au boulot aussi.

Nouvelle pathologie qui pourrait passer inaperçue tellement elle est répandue : le TOC du sac à main. L’américaine moyenne s’achète au moins 4 sacs à main par an. D’un point de vue anthropologique, le sac à main comblerait l’instinct de nid des femmes. Attention aux toquées du sac à main, elles sont volages.

Pour soigner un chagrin d’amour, se faire faire une statue de son ex chez Madame Tussauds. Ne pas l’épousseter. Si les symptômes persistent après que la statue a pris une couleur cadavérique, consulter.

20.09.2007

Rech cobaye pr exp psycho soc

« Lors de sa dernière expérience, Nicolas Guéguen, chercheur en psychologie sociale a montré que toucher le bras d’une femme permet à un homme qui la croise dans la rue de doubler ses chances d’obtenir son numéro de téléphone (20 %). Quant au fameux « vous dansez Mademoiselle ? », ses chances de succès passent de 43 % à 65 % ! »

 

Et pour nous? Ca marche ? Certes, on est des femmes comme les autres mais l’explication avancée pourrait néanmoins rendre cette technique de séduction inopérante. « ce contact « forcé » serait interprété par la jeune femme comme un caractère de dominance « attractif ». » Si ça marche dans le L Monde, il pourrait devoir revoir sa copie. Ou je devrai changer mes idées sur les relations entre femmes. Je vous reviens bientôt avec des résultats détaillés et probants.

 

Enfin « l’expérimentateur choisi était beau garçon. Moins séduisant, il se verrait peut-être plutôt congédié par un moins affable « je ne suis pas celle que vous croyez ! » » Qui veut faire la moche pour que l’expérience soit exhaustive ? ;-)

 

* extraits de Sciences humaines septembre 07

11.07.2007

La plus belle machine à sous, c’est celle de Dieu

Le Vatican vient de rendre public ses comptes pour l’exercice 2006.

Ce qui est frappant, c’est que la chute assez sèche des gains sur investissements financiers est entièrement compensée par l’augmentation des revenus de la collecte annuelle au profit du Saint Siège.

Les fidèles ont-ils donné plus en espérant voir leur fortune financière, elle aussi mise à mal, se redresser ? Dans ce cas, le Vatican dispose de deux sources de revenus très négativement corrélées. Quand l’une baisse, l’autre augmente mais le total reste stable et juteux. Et ça, vous savez ce que c’est ? Rien moins que le Graal de la finance. Malheureusement, la collecte de St Pierre, c'est comme le Lotto, c'est un monopole.

Mais si le Vatican était introduit en bourse, ce serait une action à considérer, avec un excellent business case. On pourrait moderniser un peu le management. Pas trop quand même parce que Benoît XVI semble faire recette mais la messe en latin, je crains quand même que ça ne soit pas très bon pour les recettes. Et tant qu'à faire, les actionnaires homosexuels pourraient faire pression sur le CEO pour qu'il arrête ses attaques. C'est vrai, à la fin, vous en voyez d'autres des sociétés cotées qui crachent au visage de toute une partie de leurs clients potentiels. Alors, moi je dis lançons une OPA sur le Vatican. Ce qu'il nous faut ce n'est pas moins, mais plus de capitalisme.

06.06.2007

Slash fiction : JR Ewing / G. Bush Jr

Bush Jr, il n’aime pas les pédés. Il ne les aime tellement pas qu’il a voulu inscrire dans la constitution fédérale l’interdiction du mariage homosexuel en sachant que ce projet était voué à l’échec.

 

La fille de son vice-président assume son homosexualité, il n’était pas clair qu’un tel amendement bénéficiait d’un quelconque support populaire, il était par contre évident qu’il serait bloqué au sénat… et pourtant, il y est allé de sa petite contribution au monument de l’homophobie. Pourquoi tant de haine?

 

On ne hait que si on a une bonne raison de le faire, sinon on reste indifférent. Un tel acharnement ne peut trouver ses racines que dans une amère expérience personnelle, une de celles qu’on ne digère jamais tout à fait. J’ai donc mené ma petite enquête. Et, accrochez-vous à vos sièges: some 25 years ago, Georges Bush Jr was in love with JR Ewing! (j’écris en anglais pour être certaine que les radars de la CIA prennent bonne note de mon blog)

 

Vu la position actuelle de l’intéressé, les langues des témoins ne se délient pas facilement mais voici l’histoire telle qu’on peut la reconstituer sans trop extrapoler. Et ici, il ne s’agit pas de délires de Leznotte, prière d’accorder la même foi à ce qui suit qu’à ce que vous lisez dans Gala. Si les journalistes de cet éminent hebdomadaire n’étaient déjà à la coupe de Sarkozy, qui se veut l’ami de Bush, nul doute que cette histoire ferait leur couverture cette semaine. Venons en aux faits.

 

Les deux hommes se sont rencontrés à la fin des années 70. Tous deux entamaient leur carrière dans le secteur pétrolier. JR dans la société familiale, Georges dans une société créée pour lui grâce aux contacts de son père. Vivant tous deux dans le microcosme Texans des fils à pétrole, ils étaient naturellement amenés à se rencontrer. Un de ses compagnons d’université de Georges, raconte que ce dernier fut très impressionné par l’intelligence et la perversité du jeune Ewing.

 

JR, toujours à l’affût d’un bon coup, eu l’idée de faire embaucher Georges par Cliff Barns. S’il pouvait mettre une burne pareille dans les pattes de son ennemi juré, sa faillite ne traînerait pas. Plan pas évident mais qui valait la peine d’être tenté. Malgré sa nullité, le petit Bush avait quelques arguments. Barns était aussi diplômé de Harvard, on pouvait compter sur la solidarité entre anciens des grandes universités et les connections de la famille Bush pourraient aider à faire passer la pilule. Il aida Georges à écrire son CV et l’exerça à l’interview d’embauche. La patience qu’il y a mise ! Plusieurs fois, il a dû se retenir d’exploser et de dire à Georges ce qu’il pensait de lui. Ils terminaient en général la soirée autour d’une bouteille de whisky dans un bar.

 

Tout cela plongea le jeune Georges en pleine confusion des sentiments. Son admiration pour son mentor prenait des proportions incontrôlables. Son cœur d’artichaut tressautait dans sa poitrine dès qu’il apercevait la Mercedes de JR. Sa simple apparition le plongeait dans le trouble et lui faisait perdre tous ses moyens. Rapidement, il en vint à attendre leurs entrevues avec impatience puis à les provoquer avec insistance. Il appelait JR au bureau pour fixer un rendez-vous après le boulot et rappelait parfois jusqu’à cinq ou six fois dans la journée jusqu’à ce qu’il puisse lui parler. D’après les traces qu’une des femmes de ménage, maintenant retraitée, retrouvait sur les draps, Georges, qui était fréquemment chassé de la chambre conjugale, débordait de désir. Cette dame n’a accepté de parler qu’à condition de conserver l’anonymat.

 

Les éléments concrets qui nous qui nous permettent d’affirmer que Bush a tenté sa chance avec JR sont une conversation rapportée par le vieux barman de l’hôtel où elle s’est tenue et la scène du Hilton.

La conversation d’abord :

GB : Et toi, comment ça se passe avec Sue Helen ? Tu n’as jamais envie d’autre chose ?

JR : Sue Helen, tu peux imaginer, non ? Entre les moments où elle est bourrée et ceux où elle se … par Barns, il y a ceux où je peux y aller.

GB : Et quand tu peux pas, tu fais quoi ?

JR : Sa sœur. Une vraie bombe, celle-là. Un peu vindicatrice mais elle démarre toujours au quart de tour.

GB : Tu veux dire quoi ?

JR : Il faut passer du temps avec elle, lui répéter…

GB : Non, je veux dire tu veux dire quoi par « une vraie bombe » ?

JR : Ben honnêtement, si elle n’était pas aussi exigeante, elle ferait une pute épatante.

GB : Et tu n’as jamais eu envie d’autre chose ?

JR : Autre chose ? Mais puisque je te dis qu’elle est explosive.

GB : Je ne sais pas moi, un truc sans chichi où on s’épargne les détours et les fioritures, un truc plus direct. Un truc sans fleurs.

JR : Tu me demandes si je vais aux putes ? C’était il y a longtemps.

GB : Mais tu ne trouves pas que les rapports entre hommes sont plus simples qu’avec les femmes ?

JR : Tu veux dire si je suis pédé ? T’as trop bu, mon vieux. Je te laisse.

Cela n’aura pas suffit à réfréner les ardeurs de Bush qui semble avoir tenté sa chance jusqu’au bout si on en croit les évènements du Hilton. La réceptionniste qui nous confirme ce récit largement répandu dans les milieux informés rentrait de congé de maternité le jour où JR est descendu déposer en tas les vêtements de Georges à la réception en grommelant « petit pédé ». C’est en appelant la réception pour négocier un crédit sur base de son nom que Georges a appris que ses effets s’y trouvaient. Il semblait croire que JR était parti avec ses affaires.

 

Le jeune Bush n’avait pas réussi à convaincre Barns de l’embaucher. On peut raisonnablement supposer que JR a pris un malin plaisir à l’humilier pour s’en défaire une fois qu’il ne lui servait plus à rien. Au vu du chemin parcouru depuis lors, on ne peut que s’étonner d’un tel manque de clairvoyance chez un homme comme JR. S’il avait pris conseil auprès d’un devin, il serait peut-être vice-président des Etats-Unis d’Amérique à l’heure qu’il est.

 

Pour conclure, si je comprends que JR n’ait pas cédé aux avances de Bush, je me dis quand même qu’il aurait pu se retenir de l’humilier. Parce que maintenant, par un drôle de court-circuit dans la tête du Président, c’est tous les homos qui trinquent.

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