06.07.2009

Ben, oui mais non!

Michel Rocard publie un point de vue dans Le Monde daté de demain intitulé "Les européens ont voté pour que la crise continue". Ce point de vue, qu'on peut lire ici: http://www.lemonde.fr/opinions/article/2009/07/06/m-rocar..., commence par une analyse limpide des causes de la crise économique avant de conclure, mine de rien, par:

" La social-démocratie internationale explique depuis un demi-siècle que les marchés ne sont pas auto-équilibrants, qu'il faut réguler économie et finance, et lutter fiscalement contre les inégalités. Les faits, et cette crise, lui donnent tragiquement raison. Elle vient pourtant de perdre partout les élections européennes, et cela massivement.

En votant partout conservateur, pour les forces qui nous ont amenés à la crise, les électeurs ont montré leur attachement au modèle du capitalisme financiarisé. L'espoir du gain boursier, de la fortune est devenu trop prégnant. Le résultat ne laisse guère espérer un traitement politique sérieux de l'anémie économique actuelle. Combien faudra-t-il de crises pour convaincre les peuples ? En tout cas, le mécanisme de leur répétition paraît enclenché. "

Monsieur Rocard, j'ai beaucoup d'admiration pour votre clairvoyance, que je vois à nouveau à l'oeuvre dans la première partie de votre article. Par contre, nous expliquer que le PS, puisque c'est bien de ça que vous parlez quand vous parlez de social-démocratie, a perdu parce que les électeurs n'ont rien compris, c'est vraiment nous prendre pour des cons. Parce que, sérieusement, j'ai cherché et mes amis ont fait de même. On espérait tous que le PS allait rebondir sur cette crise, revenir avec un vrai projet de société dans lequel on aurait envie de croire. Mais rien. Juste rien. Alors on n'a pas voté pour vous. Mais le problème, vous voyez, c'est pas qu'on n'a rien compris. C'est que le PS n'a pas fait son boulot.

Alors, si vous voulez vous démarquer de la concurrence, arrêtez de nous prendre pour des cons, levez-vous tôt le matin et faites votre boulot (enfin tard le soir, ça compte aussi parce que tôt le matin, ça coince un peu vous voyez où). Je veux dire, proposez-nous quelque chose de concret sur les problématiques qui nous touchent, pas une litanie sur la fraternité. Pour ça on va chez les scouts. Ni un gloubiboulga de critiques. Pour le moment, on trouve encore dans les journaux et sinon on fera tous seuls. Parce que, pour nous, si c'est pour être pris pour des zozos, c'est autant voter nain de jardin: il nous prend pour des cons mais ne s'en cache pas et, en bonus, il nous promet qu'on gagnera plein de sous si on se lève tôt. Et nous, on le croit. Tu le crois, ça? Ben si, cons à ce point, t'avais peut-être raison finalement.

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