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05.02.2008

Vingt-cinq

Abstrait: du latin abstrahere, détacher de. Qualifie une pensée qui détache, retire certains éléments d'un objet concret tout en se donnant comme une pensée de l'objet dans sa généralité. Les idées abstraites sont ainsi des idées inadéquates car incomplètes. (définition extraite d’un lexique sur Spinoza)

« Inadéquat », c’est exactement ce que je pense régulièrement de mon boss. D’un point de vue diplomatique, vaut-il mieux lui demander d’être un peu plus concret ou un peu plus adéquat?

Dans la rubrique foutage de gueule : le spectacle d’Edouard Baer qui passe actuellement à la Cigale. Cher Mr Baer, votre création ne laisse en rien soupçonner une intelligence suffisante pour faire de l’humour sur les noirs, les indiens, les brésiliens sans que ça ne sente le racisme primaire. A part ça, je me demande encore comment vous avez pu aussi bien préserver votre monument à la connerie de toute trace de finesse, de subtilité ou d’humour. Ca dure deux heures, tout de même ! Pourtant vous avez entendu des rires et des applaudissements, me direz-vous. J’en conviens. Pour ma part, la couleur jaune de mon rire était noyée dans les éclairages et les applaudissements n’étaient que de soulagement. Mais même quand point la délivrance tant attendue, les lumières de la salle attendent le cinquième salut pour se rallumer. Rien ne nous aura été épargné.

Commentaires

Carrément déçue je suis.
Je trouvais à ce garçon une mine sympathique.
Mais il est vrai qu'il ne m'a jamais fait marrer...
Ceci explqiue peut-être cela.
Bon, j'économise le prix du billet.
Merci qui????

Ecrit par : l'emmerdeuse | 10.02.2008

J'ai un peu souri sur les proverbes africains, et apprécié la tirade de Cyrano de Bergerac mais sinon effectivement, à part ça, il ne me reste pas grand chose du spectacle.

Ecrit par : Esther | 13.02.2008

L'emmerdeuse > c'est avec plaisir que je te déconseille d'aller lui remplir les poches.

Esther > aucun souvenir de la tirade de Cyrano, je devais m'être laissé entraîner vers d'autres pensées à ce moment-là. Pour ma part, ce spectacle m'a carrément irritée.

Ecrit par : Leznotte | 15.02.2008

Et que faudrait-il faire ?
Chercher un protecteur puissant, prendre un patron,
Et comme un lierre obscur qui circonvient un tronc
Et s'en fait un tuteur en lui léchant l'écorce,
Grimper par ruse au lieu de s'élever par force ?
Non, merci ! Dédier, comme tous ils le font,
Des vers aux financiers ? se changer en bouffon
Dans l'espoir vil de voir, aux lèvres d'un ministre,
Naître un sourire, enfin, qui ne soit pas sinistre ?
Non, merci ! Déjeuner, chaque jour, d'un crapaud ?
Avoir un ventre usé par la marche ? une peau
Qui plus vite, à l'endroit des genoux, devient sale ?
Exécuter des tours de souplesse dorsale ?...
Non, merci ! D'une main flatter la chèvre au cou
Cependant que, de l'autre, on arrose le chou,
Et donneur de séné par désir de rhubarbe,
Avoir son encensoir, toujours, dans quelque barbe ?
Non, merci ! Se pousser de giron en giron,
Devenir un petit grand homme dans un rond,
Et naviguer, avec des madrigaux pour rames,
Et dans ses voiles des soupirs de vieilles dames ?
Non, merci ! Chez le bon éditeur de Sercy
Faire éditer ses vers en payant ? Non, merci !
S'aller faire nommer pape par les conciles
Que dans des cabarets tiennent des imbéciles ?
Non, merci ! Travailler à se construire un nom
Sur un sonnet, au lieu d'en faire d'autres ? Non,
Merci ! Ne découvrir du talent qu'aux mazettes ?
Être terrorisé par de vagues gazettes,
Et se dire sans cesse : "Oh ! pourvu que je sois
Dans les petits papiers du Mercure François" ?...
Non, merci ! Calculer, avoir peur, être blême,
Préférer faire une visite qu'un poème,
Rédiger des placets, se faire présenter ?
Non, merci ! non, merci ! non, merci ! Mais... chanter,
Rêver, rire, passer, être seul, être libre,
Avoir l'œil qui regarde bien, la voix qui vibre,
Mettre, quand il vous plaît, son feutre de travers,
Pour un oui, pour un non, se battre, - ou faire un vers !
Travailler sans souci de gloire ou de fortune,
À tel voyage, auquel on pense, dans la lune !
N'écrire jamais rien qui de soi ne sortît,
Et modeste d'ailleurs, se dire : mon petit,
Sois satisfait des fleurs, des fruits, même des feuilles,
Si c'est dans ton jardin à toi que tu les cueilles !
Puis, s'il advient d'un peu triompher, par hasard,
Ne pas être obligé d'en rien rendre à César,
Vis-à-vis de soi-même en garder le mérite,
Bref, dédaignant d'être le lierre parasite,
Lors même qu'on n'est pas le chêne ou le tilleul,
Ne pas monter bien haut, peut-être, mais tout seul !

Edmond Rostand, Cyrano de Bergerac, Extrait de l’acte II, sc. 8 - 1897

Ecrit par : Esther | 15.02.2008

Aucun souvenir de cette tirade. J'ai dû rêver longtemps.

Ecrit par : Leznotte | 17.02.2008

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