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31.10.2007

Neuf

 

Pas cassée, du moins pas encore. Juste fêlée. Elle me fascine, cette fêlure. Inlassablement, j’observe son tracé, je caresse ses aspérités, scrute son évolution, sonde ses ombres. Je danse envoûtée par la fatalité dont elle est porteuse, entre abandon et conscience d’un danger imminent.

 

« La littérature n'est pas née le jour où un jeune garçon criant « Au loup ! Au loup ! » a jailli d'une vallée néandertalienne, un grand loup gris sur ses talons : la littérature est née le jour où un jeune garçon a crié « Au loup ! Au loup ! » alors qu'il n'y avait aucun loup derrière lui. Que ce pauvre petit, victime de ses mensonges répétés, ait fini par se faire dévorer par un loup en chair et en os est ici relativement accessoire. Voici ce qui est important : c'est qu'entre le loup au coin d'un bois et le loup au coin d'une page, il y a comme un chatoyant maillon. Ce maillon, ce prisme, c'est l'art littéraire. » (Nabokov, Partis pris). La littérature, maillon chatoyant de cette chiaîne de vie.

 

Etre vieux, est-ce vivre des jours qui se ressemblent tous jusqu’à mourir d’ennui ? Alors la littérature nous en préserverait...

 

Commentaires

Cette même fêlure que je porte en moi et dont je ne parviens plus à garantir un fiable colmatage.
Merci pour tes mots.

Bien à toi.

Ecrit par : Inès | 31.10.2007

le probleme avec tous ces loups actuellement, c'est de distinguer les vrais des faux...

Ecrit par : sergai13 | 01.11.2007

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