11.07.2007

La plus belle machine à sous, c’est celle de Dieu

Le Vatican vient de rendre public ses comptes pour l’exercice 2006.

Ce qui est frappant, c’est que la chute assez sèche des gains sur investissements financiers est entièrement compensée par l’augmentation des revenus de la collecte annuelle au profit du Saint Siège.

Les fidèles ont-ils donné plus en espérant voir leur fortune financière, elle aussi mise à mal, se redresser ? Dans ce cas, le Vatican dispose de deux sources de revenus très négativement corrélées. Quand l’une baisse, l’autre augmente mais le total reste stable et juteux. Et ça, vous savez ce que c’est ? Rien moins que le Graal de la finance. Malheureusement, la collecte de St Pierre, c'est comme le Lotto, c'est un monopole.

Mais si le Vatican était introduit en bourse, ce serait une action à considérer, avec un excellent business case. On pourrait moderniser un peu le management. Pas trop quand même parce que Benoît XVI semble faire recette mais la messe en latin, je crains quand même que ça ne soit pas très bon pour les recettes. Et tant qu'à faire, les actionnaires homosexuels pourraient faire pression sur le CEO pour qu'il arrête ses attaques. C'est vrai, à la fin, vous en voyez d'autres des sociétés cotées qui crachent au visage de toute une partie de leurs clients potentiels. Alors, moi je dis lançons une OPA sur le Vatican. Ce qu'il nous faut ce n'est pas moins, mais plus de capitalisme.

03.07.2007

Bientôt sur nos écrans : Le grand pardon et Le mépris

Sarko, on ne l’a pas voulu mais on l’a. Alors autant se préparer autant que possible aux temps matinaux et justes qui nous attendent.

Pour ce qui est du matin, rien à faire, c’est une violence contre mon rythme biologique. Rien que l’idée de me lever tôt le matin aurait été une raison suffisante de voter Ségo.

En ce qui concerne la justice, rien de tel que de regarder outre-Atlantique pour se préparer. Ils restent des précurseurs et partagent toujours le meilleur de leurs trouvailles. Sans compter que l’Agité ne cache pas son penchant pour les anglo-saxons.

 

Hier, Georges Bush a annulé la peine de prison qui avait été prononcée la veille contre Lewis Libby, un membre important du staff de Dick Cheney et qui a servi le Président auparavant. Un ami proche de Dick Cheney aussi.

Ledit Libby est coupable d’avoir dévoilé à une journaliste que la femme du diplomate Wilson faisait partie de la CIA. Ce diplomate avait dénoncé les manipulations de la Maison Blanche sur le dossier des armes en Irak. La révélation du statut d’agents de la CIAconstitue un délit aux Etats-Unis.

Lewis a ensuite tenté de faire obstruction à la justice avant d’être condamné autant pour son obstruction que pour son délit initial. Hier, le juge a refusé de le libérer sous caution jusqu’à l’appel qu’il a introduit. C’est là que G. Bush a décidé de commuer sa peine de prison la jugeant « excessive ». Contre l’avis de 72% des américains.

Dans tout ce cinéma, seul le juge tire son épingle du jeu. Outre qu’il a résisté à des pressions et menaces diverses, il fait même preuve d’humour. La demande de libération sous caution était plaidée par douze (oui, 12) brillants juristes. Ci-dessous, les propos que cette débauche de moyens a inspiré au juge Walton : "It is an impressive show of public service when twelve prominent and distinguished current and former law professors are able to amass their collective wisdom in the course of only several days to provide their legal expertise to the court on behalf of a criminal defendant," écrit le juge. "The Court trusts that this is a reflection of these eminent academics' willingness in the future to step to the plate and provide like assistance in cases involving any of the numerous litigants, both in this Court and throughout the courts of this nation, who lack the financial means to fully and properly articulate the merits of their legal positions even in instances where failure to do so could result in monetary penalties, incarceration, or worse. The Court will certainly not hesitate to call for such assistance from these luminaries, as necessary in the interests of justice and equity, whenever similar questions arise in the cases that come before it.”

 

Chapeau bas, Monsieur le Juge ! Face à un président très interventionniste et qui ne cache pas ses amitiés avec des gens trop riches pour n’avoir rien à se reprocher, il nous reste à espérer qu’il se trouvera ici aussi quelque juge Walton. Qu’on garde au moins l’illusion qu’on n’est pas dupes.