22.08.2006
“Aimer l’amour humain”
Il y a un peu de Bertrand Cantat en chacun de nous. Il nous est souvent facile de nous emballer pour des grandes causes, d’aimer notre lointain prochain. Tant qu’il peut être perçu comme une abstraction auréolée de perfection. Qu’à force de distance il reste vierge de tous ces petits défauts irritants qu’on trouve chez chacun en y regardant de plus près. Qu’il peut être refaçonné par notre imaginaire jusqu’à entrer dans le moule de nos préjugés. Tant que tout ça, il nous est aimable. Déjà plus difficile, sera d’aimer nos proches et nos amis pour ce qu’ils sont, tout ce qu’ils sont, de cultiver et faire grandir nos amitiés à travers les années et les décennies, les vies qui divergent… Encore plus difficile et à ce titre exceptionnel, aimer amoureusement au-delà de la passion.
Ces amours ne sont clairement pas la même chose, cette appellation commune n’est que le résultat d’une confusion de langage dont on se demande comment elle a pu advenir. La langue devrait nous offrir des mots différents pour ces différents types de sentiment. Comme en avaient d’ailleurs les grecs qui distinguaient Eros, Philia et Agapè.
Tout jeune, Jean Paul II avait eu l’idée qu’il y avait besoin d’”enseigner à aimer”. Devenu pape, cette idée ne l’avait toujours pas quitté et il fonda l’Institut Pontifical Jean-Paul II pour les Etudes sur le Mariage et la Famille. En fait, un genre de brain storming qui devait l’alimenter en idées et lui donner des pistes pour formaliser son enseignement de l’amour.
Vu la dénomination de son institut, on ne peut douter que l’amour dont il est ici question soit l’Eros, par opposition à Philia ou Agapè. Les esprits chagrins continueront de s’étonner de voir des hommes qui renoncent à toute vie amoureuse se poser en donneurs de leçons sur le sujet. On peut souffrir sans trop de douleur de les écouter discerter sur l’Agapè mais sur l’Eros, l’idée est autrement plus indigeste. Allons pourtant pour l’indigestion.
Ce vénérable institut célébrait en mai ses 25 ans d’existence avec un congrès intitulé : « L'héritage de Jean-Paul II sur le mariage et la famille: aimer l'amour humain ». « Aimer l’amour humain » : ces gens-là sont-ils tellement incapables d’amour qu’ils doivent ajouter une distance à l’Agapè, qu’ils ne puissent envisager d’amour que pour le concept abstrait d’amour ? Vivre en couple, ça a à peu près autant à voir avec l’énoncé de théories ronflantes sur « la convergence de la révélation divine avec l'expérience humaine (de l’amour) » que la conduite en voiture n’en a avec l’étude de la thermodynamique. Alors, coller la phrase « aimer l’amour humain » après les mots « mariage et famille », c’est faire preuve au mieux d’une ignorance totale, au pire d’une incapacité à aimer. Cette ignorance ou ce handicap ainsi démontré, comment se sentent-ils encore en position de donner des conseils en matière d’amour conjugal ?
Pourtant, si ceci est gênant, il n’y a pas encore matière à attraper de l’urticaire. Où j’en attrape, c’est quand je vois que, dès le discours d’ouverture de leur auguste congrès, ces abrutis ne peuvent s’empêcher de retaper sur le clou de leur opposition à toute reconnaissance des unions homo. Et où ça devient surréaliste, c’est quand le pitre en chef parle d’ « Eviter la confusion avec d'autres types d'union fondées sur un amour faible ». Notre ami a donc trouvé un étalon de mesure pour l’amour. On attend avec impatience qu’il nous file la recette pour éviter les déconvenues amoureuses. Quoiqu’il en dise, je suis certaine que ça intéressera autant les hétéros que les homos.
A force de nous taper dessus à chaque fois qu’il parle de la famille, ils commencent à donner l’impression qu’enseigner l’amour, parler du mariage et de la famille, ne leur sert que de prétexte à attaquer les homos. Ca a le goût amer de l’homophobie, la couleur caca de l’homophobie, l’odeur nauséabonde de l’homophobie. On ne voit plus comment ce serait autre chose que de l’homophobie. Ou alors, au vu leur inculture en ces matières, ils ne trouvent que ça à en dire ? En ce cas, messieurs, essayez plutôt la modestie et fermez-la. Cadeau Bonux : ça vous évitera de devoir à nouveau demander pardon dans quelques décennies. A moins que, on peut rêver, d’ici là, on ne l’entende même plus, votre « pardon ».09:10 Publié dans Poil à gratter | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : lesbian-touch
18.08.2006
Masturbate-a-thon
L’époque Monica Lewinski semble avoir été une époque faste pour l’Amérique qui a vu naître plus ou moins simultanément le Masturbate-a-Thon, un concours où les participants se font sponsoriser et accumulent de l’argent pour chaque minute qu’ils passent à se masturber en public. L’édition américaine qui en était cette année à sa sixième édition a attiré un maximum de 125 participants.
Le record mondial est de huit heures et demi, sachant que les participants ont droit à 5 min de repos par heure et doivent passer les 55 autres minutes à se stimuler manuellement ou avec des sex toys.
L’objectif est non seulement de lever des fonds pour des œuvres de charité mais aussi de promouvoir l’image du sexe en solitaire qui réduit drastiquement les risques de grossesse ou de MST, argument de choc pour une époque très préoccupée de sa sécurité. A quoi j’ajouterais qu’il comporte d’autres avantages éminemment pratiques : plus discret en avion ou en Eurostar puisqu’il ne faut pas sortir à deux de la toilette, plus économique qu’une visite au bordel, pas besoin de partenaire… De ce point de vue, c’est un peu comme jouer aux échecs contre un ordinateur, activité qui n’a jamais choqué qui que ce soit. La question est donc de savoir si le sexe s’apparente plus au tennis où on a encore rien trouvé de mieux qu’un partenaire ou aux échecs où un ordinateur peut parfaitement faire l’affaire. Chacun aura sa réponse.
On trépigne d’impatience de voir débarquer le concept sur le vieux continent. La première étape sur ce sentier qu’on espère glorieux vient d’être franchie à Londres. La première édition européenne y a eu lieu début août et a rassemblé 154 participants, soit plus que le record enregistré aux Etats-Unis. Est-ce parce qu’elle était filmée pour faire l’objet d’un documentaire ? Ce n’est pas tous les jours que le quidam a l’occasion de devenir une star du porno.
15% des participants étaient des femmes dont la plus âgée avait 70 ans. Le record de durée a été de 7h30. Une des participantes a déclaré avoir atteint 49 orgasmes ! Retenez bien l’information pour le cas où vous auriez l’idée de sponsoriser une copine au nombre d’orgasmes le jour où le concept aura traversé la Manche.
A noter aussi que tant aux Etats-Unis qu’en Angleterre, le record est détenu par un homme. Les hommes seraient-ils plus résistants en solo qu’en équipe ?
L’histoire ne dit pas si le gagnant se voyait offrir un rôle dans un film porno produit par un major du secteur avec budget marketing astronomique.
Maintenant que le tabou de la masturbation en public est brisé, quelle chaine sera la première à lancer « clitonic », le Gym Tonic de la masturbation ? Tou, tou, you, tout, on se caresse le clitoris en petits cercles dans le sens des aiguilles d’une montre, en rythme, 1,2,3…8, tou, tou, you, tout, et maintenant d’avant en arrière en maintenant la même pression, 1,2,3…8, tou, tou, you, tout, pensez à Brad Pitt, mesdames, un peu d’entrain, tou, tou, you, tout, quel clitoris, Davina, je ne l'ai encore jamais vu aussi gonflé, tou, tou, you, tout, tout à fait, Véronique, je suis à deux refrains de l’orgasme.
16:45 Publié dans Délires chroniques | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Lesbian Touch

