28.02.2006
Nos jardins secrets
Le jardin secret, c’est l’intimité, c’est la partie de soi qui reste mystérieuse aux autres. Il échappe même à nos intimes.
Ce qui lui appartient varie avec le temps. Ce qui est intime un jour ne le sera pas toujours et ce qui était public peut redevenir intime.
L’intime est un espace de jeu et de développement. L’endroit où les embryons d’idées peuvent être couvés, où les idées qui nous façonneront demain peuvent être cultivées jusqu’au moment où elles seront prêtes à prendre leur envol, ou pas.
C’est de là que naîtront les changements qui permettront de surprendre l’autre, ami(e) ou partenaire. Si la partenaire ne veut pas un jour expliquer que la relation n’est plus que routine, qu’elle manque de piquant et de surprise, il faut qu’elle respecte le jardin secret et accorde de l’espace pour le cultiver. Même si elle se sent blindée contre la routine, il faudra quand même qu’elle le respecte parce que le violer, ce serait m’empêcher, moi, de grandir. Et tenter d’empêcher l’autre d’évoluer, c’est comme bander les pieds d’une femme chinoise : il en résultera une douleur énorme qui pourra aller jusqu’à le casser. Le bourreau saura-t-il garder le cœur léger.
Plus que de prétendre à tout connaître de l’autre et à être tout pour elle, une relation réussie ne réside-t-elle pas dans la capacité à rester ouvert et attentif à son évolution ? Rien de plus frustrant que de se trouver face à quelqu’un qui refuse de nous voir évoluer par manque d’intérêt ou d’effort.
Pourquoi ne m’as-tu pas suivie ? J’ai pourtant eu l’impression de devenir plutôt « mieux ». Simple phénomène de persistance cérébrale ou était-il plus rassurant de rester sur l’image que tu avais de moi que d’essayer de voir à nouveau ce que j’étais ? Le présent tu connaissais : « je te connais par cœur » (quelle horreur !). Le changement, tu ne savais pas jusqu’où il pourrait m’emmener. A te quitter peut-être ? Paradoxalement, oui, justement parce que tu n’as pas vu, pas laissé d’espace.
Suis-je coupable de la même chose ? De ne pas avoir vu à temps que nous commencions à nous éloigner ? Pour voir comment ma partenaire évolue, l’encourager à le faire, ça demande de continuer à la regarder et à l’écouter. C’est plus que la voir et l’entendre. Pourquoi sommes-nous arrivées à ça ? L’amour est-il mort à cause de ça ou cela est-il arrivé parce que l’amour était mort ?
Alors, toi que je n’ai pas encore trouvée, laisse-moi mon jardin secret. Et si d’autres ont accès à certains coins inconnus de toi, c’est qu’ils m’aident à les cultiver. Tu les verras quand ils seront prêts, s’ils le sont un jour. Ou je te raconterai comment ils ont périclité avec les espoirs que j’y avais plantés. Ou tu n’en sauras jamais rien. Ne prétends pas vouloir être tout pour moi, accepte que certaines choses t’échappent, peut-être pour mieux te revenir.
Et cultive toi aussi ton jardin secret pour pouvoir me surprendre longtemps, garder ton souffle bien après l’échauffement, pour qu’on puisse viser loin au-delà de l’horizon.
En échange, je promets d’essayer d’être toujours attentive. N’hésite pas à me bousculer si tu penses que je ne te regarde ou t’écoute plus.
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17.02.2006
Les croisades au XXIème siècle
Vu d’ici, l’animal chrétien semble moribond : clergé sénile, églises fermées ou vides quand elles sont ouvertes, autres formes de spiritualité en plein essor… L’apparence est pourtant trompeuse : l’animal n’est que blessé et panse ses plaies. Il va nous revenir comme un boomerang qu’on a oublié avoir lancé en ’68.
Un coup d’œil au-delà des frontières donne une idée de ce qui nous attend.
Outre-Atlantique, les conseillers en communication de Bush ont jugé qu’il serait à son avantage de mettre en avant sa renaissance par la foi. Et ça a payé. Il s’est trouvé tout un public que ce discours a convaincu ou du moins pas rebuté.
En fait cette élection n’est que la pointe de l’iceberg (non, non pas celui qui fond à toute vitesse parce que nos amis n’appliquent pas Kyoto). Sous l’eau se cache une énorme machine à produire du fidèle. Pour ce faire, on va transformer les églises désuettes en « places to be » et remodeler les petits curés en entrepreneurs (« prêtrepreneurs », c’est moi qui l’ai inventé). On va ainsi ramener les gens dans les églises où on pourra leur distiller La Vérité et au passage leur pomper un peu d’argent. Quoique, beaucoup d’argent ça va aussi. De toute façon, au pays de l’Oncle Tom, ce qui est gratuit est sans valeur.
L’offre est bien structurée et il y en a pour tous les goûts : d’un côté, les « mega-churches » rassemblent des milliers de fidèles pour des messes qui ressemblent à de véritables show truffés de conseils de self-help pour satisfaire à la demande. Ces méga communautés offrent aussi tout une panoplie de services : loisirs allant des sports aux concerts, services sociaux y compris aide aux sex-addicts, formation, garde d’enfant pendant les offices (OK, au prix d’un peu d’endoctrinement mais les parents sont d’accord)…
La plus grosse de ces machines absorbe 30.000 fidèles chaque semaine auxquels elle pompe $55 millions par an !!! Et il y en a plus de 1.000 qui fonctionnent sur le même modèle.
D’un autre côté, pour ceux que l’anonymat de ce genre d’endroit pourrait rebuter on offre des plus petites structures : groupes d’affinités des Weight Watchers ou des motards, franchising à des églises de plus petite taille…
Les sociétés de consultance pour regonfler les audimats paroissiaux fleurissent comme des coquelicots dans un champ bio. La communauté de Willow Creek, pionnière, compte maintenant plus 10.000 paroisses adhérentes et a déjà formé 100.000 personnes en leadership. Même Bill Clinton y est allé de ses petites idées. Preuve que, à la question de savoir si le sexe oral est du sexe, Willow Creek répond « non ». Parce que je refuse d’imaginer qu’ils iraient jusqu’à pactiser avec un obsédé sexuel non repentant juste à des fins utilitaires.
Bref, une vraie machine de guerre qui a les moyens de ses ambitions. Tellement efficace que la Harvard Business School en a fait un cas d’école et que Peter Drucker recommande leurs méthode de motivation des troupes aux entreprises. Que vais-je faire quand je vais me retrouver devant le dilemme de savoir qui j’adore le plus : Jésus ou mon patron. On n’en est pas là, je m’égare.
Les Etats-Unis c’est loin ? Et on est moins cons qu’eux ? Il faut leur reconnaître une longue tradition de succès en matière d’exportations culturelles mais aussi religieuses. Parce que s’ils nous ont donné Dallas et The L World, ils ont aussi envoyé au monde les mormons et les pentecotistes (100 millions d’adeptes dans le monde, quand même !). Willow Creek compte déjà près de 5.000 paroisses étrangères adhérentes dans 120 pays et s’est donnée pour mission d’éradiquer la pauvreté en Afrique. Traduisez : d’acheter un gros contingent d’âmes sur le continent.
Parce que le coût d’acquisition d’une âme est inversement corrélé à son niveau de désarroi. En Thailande, par exemple, les églises ont vu leur assemblée exploser quand elles ont commencé à financer la reconstruction des habitations de leurs fidèles victimes du Tsunami. Information pour le moins indigeste pour les laïcs qui ont versé l’argent qui dort encore sur des comptes bancaires en attente de projets valables à financer.
Plus près de nous, en Pologne. Le Père Rydzyk bâtit un véritable empire médiatique à la gloire de Dieu. Il dispose déjà d’une radio, d’un journal et d’une chaine de télé. A quoi il adjoint une école de communication.
Tout ça ressemble donc à une belle machine de propagande. Et j’ai vraiment du mal à m’en foutre. Parce que tous ces agités diffusent au mieux de la tolérance apitoyée, au pire de l’homophobie presqu’assumée dont je donnerai quelques exemples dans une autre note.
14:35 Publié dans Poil à gratter | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
14.02.2006
Aimer le désir
Tu t'es emballée au premier coup d'oeil. Et quand tu pars en conquête, rien ne te résiste. L'expérience, surement. Peut-être as-tu un peu voulu y croire? La conquête a été facile, j'ai rendu les armes sans combattre. J'en avais envie. Tout est allé si vite. Même pas eu le temps de réaliser ce qui m'arrivait.
La fin est arrivée aussi vite et m’a foudroyée en plein vol. Atterissage douloureux.
Non, je ne t’ai pas aimée. J’aurais peut-être pu mais je n’en ai pas eu le temps. Mais j’ai aimé le désir qui m’électrifiait. Le désir d’y croire, le désir de toi, le désir de croire en toi, le désir de croire en nous, le désir de nous, le désir charnel. J’ai aimé te désirer, te regarder, t’effleurer, t’attendre, t’écouter, te toucher, te rire, te découvrir, te caresser, te jouir, te deviner et tant d’autres choses. Mais je ne t’ai pas aimée.
14:45 Publié dans Mon petit monde à moi | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
04.02.2006
Homophobie et extinction des espèces (suite)
Plus récemment, les bisounours sont également tombés victimes de l'homophobie ambiante. Quelques esprits chagrins ont en effet eu l'idée de sodomiser les pédés avec des bisounours à arc-en-ciel pour leur faire passer leurs comportements déviants. Posologie assez primaire: petit modèle pour les petits pédés, grand modèle pour les grandes folles, avec toute une échelle de gradation entre ces deux extrêmes. Ainsi ont disparu les bisounours à arc-en-ciel bientôt suivis par tous les autres morts de chagrin suite à ce génocide perpétré contre leurs amis favoris.
Alors, amis des bisounours, fans de Jurassic Park et défenseurs des bossus, il serait pas temps qu'on joigne nos efforts pour lutter contre l'homophobie et la connerie?
19:05 Publié dans Délires chroniques | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Je suis infinie
Je suis infinie. J'ai poussé la porte qui mène à mes possibilités, mes rêves, mes désirs, mes émotions... à moi. Je pensais savoir ce que je serais jusqu'à ma mort. Je vois maintenant que je ne sais rien. Tout reste à découvrir.
Depuis que j'ai ouvert cette porte, mon esprit n'a plus désénivré. Tant de délices à portée de main, la vie est trop courte pour ne pas les goûter.
Plus je goûte à mes délices, plus je deviens gourmande, plus j'aime aussi ceux des autres. Je suis boulimique, je veux mordre la vie à pleines dents, ne pas en perdre une miette. La vie a trop de couleurs pour fermer les yeux.
J'ai mes couleurs, le monde m'en offre tant d'autres. J'en attrape le tourni, qui devient nausée. Avec un peu de savoir-faire et de patience, ton jaune et ton bleu, mélangés à mon rouge nous suffiront à recréer toutes les couleurs du monde.
Quand je t'aurai trouvée, toi qui porte en toi le jaune et le bleu, nous jouerons à chercher de nouvelles couleurs et nous partirons ensemble explorer nos infinis.
18:57 Publié dans Mon petit monde à moi | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
Homophobie et extinction des espèces
Les médecines traditionnelles savent faire preuve d'imagination pour dénicher des ingrédients incongrus. Au Togo, par exemple, un bossu a été sauvé in extremis par la police alors que deux beninois voulaient l'assassiner pour s'emparer de sa bosse. Ce type d'affaire n'est pas une première dans ce pays où certains sorciers et guérisseurs prêtent aux bosses des vertus thérapeutiques.
La tradition chinoise recommande l'usage de remèdes à base de pénis de phoque et de velours de bois de renne pour résoudre les problèmes d'érection. Or, si à première vue ces composants peuvent paraître plus respectueux de l'environnement qu'une unité de production de Viagra, il n'en est rien. Ils sont en effet souvent obtenus par braconnage. Le succès grandissant de la petite bleue au pays du soleil levant est donc une bonne nouvelle. Deux scientifiques affirment déjà avoir constaté en 2002 une baisse du commerce de pénis de phoque et de velours de bois de renne.
Au moment où je prenais connaissance de ce histoires vraies, m'est venue à l'esprit une nouvelle thèse sur la cause de la disparition des dinosaures il y a 65 millions d'années. Différentes thèses s'affrontent déjà mais je pense que la suivante doit en tout aussi être prise en compte. L'homo hétéro hétéro, ancêtre lointain de l'homo erectus, prêtait à cette époque des vertus thérapeutiques au sperme de dinosaure pour guérir de l'homosexualité masculine. Or, je ne vois que trois modes possibles de collecte du sperme de dinosaure:
1. par sodomie. Rien que d'imaginer la taille du pénis du dinosaure laisse déjà présager que ce ne serait pas une opération indolore pour le patient, même avec une maxi dose de poppers. Si en plus, on n'a pas oublié la scène de l'accouplement entre des diplotosaures dans la série Walking with Dinosaurs, cette voie d'administration s'exclut d'elle-même.
2. Une banque de spermes pour dinosaures. Même si Hugh Hefner semble plus proche du dinosaure que du sex symbôle, il semble scientifiquement indiscutable que Playboy n'a été inventé que bien après la disparition des dinosaures. Pareil pour le congélateur. On peut donc aussi exclure la banque de sperme.
Ce qui nous laisse:
3. La chasse aux dinosaures pour s'emparer de leurs couilles, de préférence à la saison des amours pour augmenter les rendements. Voici donc ma thèse: l'homophobie exacerbée de la fin de la période crétacée a amené nos ancêtres à chasser les dinosaures à une telle échelle qu'ils ont tout simplement provoqué leur disparition
18:25 Publié dans Délires chroniques | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note

